«On n'étudie pas pour devenir proche aidant», explique Claude Morin, l'animateur du premier café-rencontre. Il a lui-même été proche aidant.

La FADOQ veut offrir du support aux proches aidants

La Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ) Outaouais, veut supporter les proches aidants en leur offrant des rencontres au cours desquelles ils pourront partager leur expérience et acquérir des connaissances qui pourraient faciliter leur vie avec une personne malade ou en perte d'autonomie.
Lors du premier café-rencontre, organisé hier à Gatineau, un petit groupe de cinq personnes, animé par Claude Morin, a discuté de la vie quotidienne des proches aidants.
M. Morin s'est lui-même soudainement retrouvé dans cette situation, en 2005, lorsque son épouse est devenue hémiplégique. « On n'étudie pas pour devenir un proche aidant et personne n'a de formation pour faire ça. Ça arrive comme ça, parfois tout d'un coup. Moi, je suis de la génération des hommes qui allaient au travail pendant que leurs femmes restaient à la maison et s'occupaient des enfants. Rarement, je me levais la nuit pour changer une couche ou donner un médicament à un enfant. Mais, en 2005, du jour au lendemain, je n'avais plus le choix de m'occuper de tout et de procurer des soins à ma femme. Durant six ans, je me suis occupée d'elle à domicile. J'ai eu de la misère à m'adapter à cette nouvelle situation », a raconté M. Morin.
Une participante a raconté qu'elle doit maintenant s'occuper de sa soeur atteinte d'Alzheimer. Même si elle aime rendre régulièrement visite à sa soeur, elle dit avoir besoin de temps de répit. C'est sans culpabilité qu'elle a fait un voyage avec une amie, l'an dernier, même si cela signifiait qu'elle n'irait pas visiter sa soeur durant quelques semaines. « En fait, je me sentais très bien, car je prenais du temps pour moi », a-t-elle déclaré.
Le sentiment de culpabilité est souvent très fort chez les proches aidants et fait en sorte que certains d'entre eux négligent leurs propres besoins, a souligné Claude Morin. Lors des cafés-rencontres, les participants sont invités à aborder ce sujet, comme bien d'autres éléments qui font partie du quotidien des proches aidants.
Prête à répéter l'expérience
Le directeur général de la FADOQ Outaouais, Richard Bisson, a expliqué que la fédération est prête à organiser des cafés-rencontres du même type, dans tous les coins de la région. Il a donc invité les clubs de l'âge d'or à entrer en contact avec lui, afin d'organiser ces rencontres.
«L'aide aux proches aidants va devenir de plus en plus importante, en raison du vieillissement de la population. Si on ne les soutient pas suffisamment, ces personnes s'épuisent rapidement et, dans certains cas, le conjoint aidant meurt avant celui qui est malade. On voit aussi des cas où des gens fatigués, excédés, en viennent à maltraiter la personne qu'ils veulent aider», de dire M. Bisson.