L'équipe de Trait d'Union Outaouais : Jacynthe Marion, Julie Marois et la directrice Jocelyne Sylvestre.

La clientèle autiste en constante croissance

Le budget d'opération de Trait d'Union Outaouais (TUO) a beau être dix fois supérieur à ce qu'il était lors de la création de l'organisme, il y a 25 ans, les besoins sont plus criants que jamais.
Pour répondre à la demande et espérer offrir toute sa gamme de services, TUO n'a d'autre choix que de multiplier les activités de financement comme la Marche de l'autisme, qui permet de financer des camps d'été spécialisés. L'événement - prévu le 26 avril à l'école secondaire de l'Île - a permis d'amasser 75000$ l'an dernier.
«La clientèle est de plus en plus grande et nos mandats de plus en plus larges», explique la directrice de TUO, Jocelyne Sylvestre.
À l'heure actuelle, l'organisme dessert 175 personnes de la région, mais n'a qu'un seul point de services, à Gatineau. Un déploiement éventuel des services ailleurs sur le territoire figure dans les cartons.
Il y a moins d'un an, l'organisme a modifié son mandat pour y inclure les adultes autistes (21 ans et plus) et leur famille.
La continuité des services entre les différents acteurs du milieu de la santé et des services sociaux s'avère aussi un défi de tous les instants.
«Le réseau est tellement en constante mouvance que c'est difficile de consolider les façons de faire. Ce sont les familles qui écopent en bout de ligne», déplore Mme Sylvestre.
Impliquée dans le domaine depuis les années 1980, Mme Sylvestre estime que la cause de l'autisme a fait de grands pas vers l'avant, mais que beaucoup de chemin reste à parcourir.
«D'un côté, il y a moins de méconnaissance de la part des gens. Il ne se passe désormais plus une semaine sans que les médias parlent du sujet. [...] D'autre part, si on se contente que d'observer les autistes, il y a beaucoup de choses qu'on ne comprendra pas. Il faut interagir avec eux. C'est une clientèle tellement hétérogène, imprévisible. Certains d'entre eux ne parlent tout simplement pas, alors que d'autres peuvent étudier à l'université. Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier», dit-elle.
Malgré l'évolution des mentalités, tout n'est pas reluisant.
L'intimidation dont sont victimes certains jeunes autistes en est un exemple frappant.
«Ce sont des personnes très vulnérables et souvent naïves au plan social. C'est un phénomène préoccupant», observe Mme Sylvestre. Heureusement, il y a encore de belles histoires pour nous décrocher un sourire, comme celle du client d'un restaurant qui a gracieusement acquitté la facture d'une éducatrice qui accompagnait un groupe d'autistes, dernièrement, en Outaouais.
Sources: Fédération québécoise de l'autisme, Autism Speaks Canada et Agence de santé et des services sociaux de l'Outaouais