Le gouvernement du Québec a annoncé mercredi la construction d'un nouvel hôpital de 600 lits en Outaouais.
Le gouvernement du Québec a annoncé mercredi la construction d'un nouvel hôpital de 600 lits en Outaouais.

La CAQ veut livrer le «mégahôpital» en Outaouais avant 2030

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
Il faudra attendre au moins entre 12 et 18 mois pour connaître l’échéancier, l’emplacement et le budget du futur centre hospitalier affilié universitaire de 600 lits de l’Outaouais, dont la construction a été confirmée mercredi par le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé.

Comme l’avait dévoilé Le Droit mercredi, le nouvel hôpital forcera une réorganisation majeure des soins offerts par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et permettra, à terme, un gain net de 240 lits de courte durée pour la région. Ainsi, plus de 300 lits de courte durée feront l’objet d’un changement de vocation dans les établissements existants du territoire.

Le centre hospitalier regroupera sous le même toit «pratiquement toutes les spécialités de la région», a indiqué le ministre responsable de l’Outaouais et député de Papineau, Mathieu Lacombe, qui a qualifié la journée du 14 octobre de «date historique» pour l’Outaouais, en conférence de presse virtuelle, aux côtés du ministre de la Santé.

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«Aujourd’hui, nous lançons l’analyse du projet qui permettra de déterminer notamment l’emplacement de cet hôpital, a lancé le ministre Dubé. Dans ce nouvel hôpital, nous allons concentrer l’expertise clinique de pointe de la région, ce qui va permettre d’optimiser les ressources médicales. Il s’agit aussi, et c’est très important dans le contexte de pénurie de main-d’oeuvre que nous avons, d’un bon moyen pour faire face à une rareté de personnel.»

Avant 2030

Tout en soulignant que cette annonce représente «une bonification» par rapport à la promesse de la Coalition avenir Québec de 2018, qui proposait la construction d’un hôpital de 170 lits pour la région, le ministre Dubé a fait savoir que l’étape du «dossier d’opportunité» lancée mercredi devrait être terminée «dans un délai raisonnable».

Cette démarche permettra notamment de faire «l’analyse du site», mais aussi de déterminer les coûts et l’échéancier de construction de la nouvelle infrastructure, a indiqué le ministre de la Santé, qui a insisté sur le fait que tout serait mis en oeuvre pour que le «mégahôpital» soit livré avant 2030.

«Moi, je n’ai jamais vu des dossiers d’opportunités qui pouvaient se faire à l’intérieur de 12 mois. Je suis gentil, je dis 12 à 18 mois. Je mets au défi, pas uniquement Josée Fillion (la PDG du CISSSO), mais les gens de mon ministère, pour l’appuyer pour que le dossier d’opportunité soit prêt. On parle de choix de site, on parle de toute l’analyse des coûts, de comment on va restructurer, de comment on va réorganiser avec les hôpitaux. Moi, je pense qu’on peut avoir un hôpital qui peut être construit bien avant 2030, mais la première chose, il faut réaliser le dossier d’opportunité», a affirmé M. Dubé.

Le ministre responsable de l'Outaouais Mathieu Lacombe et le ministre de la Santé, Christian Dubé

Celui-ci a dit vouloir profiter de la «volonté politique» dégagée par son parti pour éviter que le processus de construction du nouvel établissement de santé ne traîne en longueur. Le projet de loi 66, qui vise à accélérer certains projets d’infrastructure, pourrait d’ailleurs servir d’outil pour permettre de mener à terme le chantier du nouvel hôpital dans un délai à court terme.

«On va tout faire pour le faire le plus rapidement possible et j’espère que dans les prochains mois, on aura une finalité sur le projet de loi 66», a souligné M. Dubé.

Sur la question du choix du site, la présidente et directrice générale du CISSSO, Josée Filion, a par ailleurs précisé que l’emplacement sera «en milieu urbain» et que les grands principes (pour le choix du terrain) tiendront compte de «l’accès aux grands axes routiers, que ce soit pour les transports ambulanciers ou pour notre population».

Pas de fermeture d’établissement pour l’instant

Si l’arrivée d’un centre hospitalier d’une telle envergure dans le paysage régional nécessite une «réorganisation des soins» dans les différents établissements du territoire, il n’est pas question de fermeture d’hôpital, a assuré M. Lacombe, mercredi, lorsque questionné sur cette possibilité. C’est le dossier d’opportunité, lorsqu’il sera complété, qui déterminera comment l’offre de soins sera désormais répartie en Outaouais, a-t-il dit.

«Je veux rassurer tout le monde. Nous ne sommes pas dans un scénario où on ferme et démolit des hôpitaux en ce moment. Il y aura oui un travail de réorganisation à faire, parce que pratiquement toutes les spécialités seront regroupées dans ce nouveau centre hospitalier affilié à l’Université McGill», a indiqué le ministre responsable de l’Outaouais.

«Un puissant outil d’attraction» 

L’infrastructure attendue sera un «puissant outil d’attraction» pour attirer les professionnels de la santé à venir travailler en Outaouais, estime le ministre Dubé.

«On veut que les professionnels de la santé travaillent en Outaouais. On veut que les patients se fassent soigner en Outaouais. On veut aussi former nos professionnels de la santé en Outaouais, mais les garder en Outaouais, alors l’annonce d’aujourd’hui est la démonstration éloquente du sérieux de notre formation politique envers l’Outaouais, mais plus important encore, c’est la population qui en sort gagnante», a mentionné le ministre Dubé.


« Ça nous prend de nouveaux lits, mais ça prend aussi des infirmières. »
Mathieu Lacombe

À ce sujet, Mathieu Lacombe a insisté sur le fait que le manque de main-d’oeuvre et la nécessité d’avoir un nouveau centre hospitalier sur le territoire de l’Outaouais sont deux dossiers qui doivent être menés de front.

«On ne vit pas sur une autre planète. On a conscience de ce défi de main-d’oeuvre, mais je le répète, on a besoin d’un nouvel hôpital. Il faut travailler les deux défis en parallèle. Ça nous prend de nouveaux lits, mais ça prend aussi des infirmières, ça prend aussi du personnel dans les hôpitaux et nous travaillons cet enjeu de main-d’oeuvre en parallèle», a mentionné M. Lacombe.

«Aujourd’hui, on pose une nouvelle pierre, a-t-il ajouté. On veut donner le goût au personnel soignant de travailler ici. On veut dire aux gens de l’Outaouais qu’ils vont enfin avoir les infrastructures qu’ils méritent et ce nouvel hôpital s’inscrit donc dans cette volonté-là qui est très nette de développer notre expertise et de favoriser les spécialités qui sont mises à la disposition des gens de l’Outaouais.»

L’infrastructure assurera une rétention du personnel, croit le ministre Lacombe. 

«À terme, le résultat de tout ça, c’est qu’on va avoir des environnements de soins, des salles d’opération, des lieux pour accueillir les patients qui vont être beaucoup plus modernes, qui vont être innovants, qui vont être mieux pensés pour répondre aux besoins réels de la communauté.»