Dans certains CLSC, les listes d’attente pour les services de psychologues ou de travailleurs sociaux peuvent atteindre 300 personnes. Et les délais peuvent atteindre six mois, voire un an, avant d’obtenir des services.

Journée de prévention du suicide: les psychologues invitent à investir plus

MONTRÉAL — L’Association des psychologues du Québec profite de la Journée mondiale pour la prévention du suicide, ce 10 septembre, pour inviter le futur gouvernement du Québec à réinvestir dans les services publics en santé mentale.

Qu’il s’agisse des établissements du réseau de la santé ou du milieu scolaire, les services en santé mentale sont insuffisants, a déploré au cours d’une entrevue, lundi, Charles Roy, président de l’Association des psychologues du Québec.

Bien qu’on ait effectivement abordé la question de la santé mentale durant la campagne électorale, notamment lors du débat devant la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), et que l’on admette que la santé mentale est importante, on n’y a pas investi suffisamment de ressources, estime M. Roy.

« On en parle un peu plus qu’on en parlait, je pense, dans les médias, depuis un certain temps, mais c’est le manque de ressources qui est problématique. Dans les dernières années, il y a eu une saignée majeure, avec les compressions du gouvernement et les gens qui sont partis à la retraite et qui n’ont pas été remplacés. Si on en parle, on en parle sans passer de la parole au geste », a déploré M. Roy.

Il note que dans certains CLSC, les listes d’attente pour les services de psychologues ou de travailleurs sociaux peuvent atteindre 300 personnes. Et les délais peuvent atteindre six mois, voire un an, avant d’obtenir des services.

« Il y a plusieurs endroits où il y a quelques centaines de personnes en attente pour voir un psychologue, 200, 250, 300, c’est pas de la blague, dans la région de Montréal (par exemple). Dans certains endroits, c’est travailleur social et psychologue, mais souvent, c’est 200, 250 juste pour les psychologues », a relaté M. Roy.

Et bien que les établissements de santé aient été dépourvus, au fil des ans, il rapporte que la situation est « encore pire » dans le milieu scolaire.

M. Roy indique que les conditions de travail n’y sont guère attrayantes. Les psychologues doivent travailler au sein de plusieurs établissements, ont peu de temps pour faire du travail clinique, font des évaluations et calment les crises. De plus, les conditions salariales ne sont pas à la hauteur du niveau de diplomation, se désole M. Roy.