Josée Filion vient d'être nommée présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais.

Josée Filion devient PDG du CISSSO

Josée Filion peut maintenant retirer la mention «par intérim» à côté de son titre de présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

Arrivée en Outaouais il y a moins de six mois à titre de présidente-directrice-générale adjointe du CISSSO, Mme Filion a été nommée sur une base permanente à la tête d’organisation, mercredi, par le conseil des ministres.

Infirmière de profession et détentrice d’une maîtrise en développement des organisations, Josée Filion avait été nommée grande patronne du CISSSO sur une base intérimaire en février dernier, lorsque le gouvernement avait montré la porte à Jean Hébert, qui dirigeait l’organisation depuis sa création, au printemps 2015.

En entrevue avec Le Droit, la principale intéressée n’a pas caché que le mandat que vient de lui confier le gouvernement représente «un grand défi».

Josée Filion doit piloter la rédaction du plan clinique demandé par Québec en janvier dernier, un document qui doit être remis à la fin juin à la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Ce plan clinique, qui devra définir les «besoins d’ajout de services» pour l’horizon de l’an 2036, jouera «un rôle super important de positionnement par rapport à l’offre de soins et de services à la population de l’Outaouais», estime Mme Filion.

En congédiant Jean Hébert, la ministre McCann avait souligné que «la communication avec les acteurs du milieu était très problématique » au CISSSO. Josée Filion veut donc s’attaquer à cet aspect, le tout dans le but d’établir un bon lien de confiance avec les partenaires de l’organisation, mais aussi avec la population. Elle souhaite aussi travailler en «proximité» avec la population, afin de «comprendre et connaître» les besoins des usagers du réseau.

Le début de son mandat à la tête du CISSSO pourrait se faire dans une certaine paix syndicale, des ententes de principe ayant récemment été conclues avec les trois syndicats représentants les diverses catégories d’employés de l’organisation.

La ministre Danielle McCann a de son côté affirmé, par voie de communiqué, que Mme Filion «a su démontrer, au cours de sa carrière mais particulièrement au cours des derniers mois, un courage de gestion, une grande capacité à mobiliser les équipes en place et une approche positive axée sur la recherche de solutions constructives et l’amélioration continue».

Contexte frontalier

Mme Filion avoue qu’elle connaissait «peu» la région avant son arrivée au CISSSO, à la fin 2018. Elle souligne toutefois avoir «développé un intérêt» à travailler dans une région où cohabitent des réalités urbaines et rurales lors de son passage dans Lanaudière, où elle a été cadre du centre de santé pendant cinq ans.

Le contexte frontalier dans lequel se trouve le CISSSO ajoute cependant une couche de complexité à la tâche, ce qui ne rebute pas pour autant Josée Filion.

Elle estime que le plan clinique servira de «levier» pour entamer un véritable rapatriement de la clientèle consommant des soins sur la rive ontarienne, tout en soulignant qu’il «va toujours» y avoir certains patients qui devront se tourner vers Ottawa pour y obtenir des soins spécialisés de niveau tertiaire.

La Coalition avenir Québec a déjà promis d’ajouter 170 lits d’hôpital dans la région d’ici 2023, un engagement pour lequel le plan clinique proposera trois scénarios. En attendant de voir comment l’offre de soins en Outaouais pourra être bonifiée, Mme Filion reconnaît qu’il y a «une certaine limite» pour rapatrier des soins du côté québécois de la rivière des Outaouais.