Le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert

Jean Hébert : « Les gains sont là »

« Ça ne peut pas ne pas s'améliorer. »
Deux ans après la création du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), son grand patron, Jean Hébert, n'a pas perdu son optimiste du départ. « Pour se lancer dans cette aventure-là, il fallait être un peu idéaliste, dit-il. Il fallait croire au gain, pour la population, d'intégrer, de fusionner l'ensemble des établissements de santé[...] On n'est peut-être pas rendus là où on veut aller, mais les gains sont là, et on va continuer à en faire. »
L'abolition des « silos » avec lesquels le réseau fonctionnait auparavant était inévitable, a affirmé M. Hébert lors d'une rencontre éditoriale avec Le Droit. Pour la clientèle ayant des besoins multiples, « ça prenait un comité pour trancher entre deux directeurs généraux pour dire 'là, le patient, c'est toi qui vas le prendre' », a-t-il donné en exemple.
Le grand patron reconnaît toutefois que son organisation n'a pas progressé aussi rapidement qu'il l'aurait souhaité. L'enjeu de « la qualité » sera notamment à l'ordre du jour de l'année qui vient de s'amorcer.
Depuis plusieurs années, l'Outaouais présente notamment un ratio de mortalité hospitalière « hors norme » par rapport aux moyennes québécoise et canadienne. « On était dans les pires établissements, et là on voit depuis l'année passée qu'on s'est améliorés », note M. Hébert, qui s'attend à ce que les prochaines statistiques sur le sujet soient encourageantes.
« Il n'y a aucun geste banal qu'on pose dans notre établissement, insiste-t-il. Un geste banal peut avoir des conséquences importantes sur la clientèle, et il faut être conscient de ça. [...] Il y a des événements qui se passent qui ne devraient pas se passer. Mais quand on regarde sur l'ensemble des services qu'on donne à la population, c'est vraiment une infime partie. Mais ce qui sort dans les journaux, c'est toujours ça. Ce sont toujours les événements tragiques qui n'auraient pas dû arriver, des morts évitables, qu'on voit dans les journaux, mais tous les jours, on fait des milliers d'actes qui sont corrects pour la population. »
La réputation du réseau régional au sein de la population a pour sa part été « bâtie sur de nombreuses années », souligne M. Hébert, qui ne s'attend donc pas à un revirement immédiat. « Mais moi, j'ai l'intime conviction [...] qu'on est là pour améliorer les choses, alors ça ne peut pas ne pas s'améliorer, parce qu'on pose des gestes tous les jours pour améliorer les choses. »
Il n'est cependant pas facile de faire avancer les choses quand les équipes de travail s'effritent à un rythme inattendu. Après avoir dépensé 18 millions $ en assurance salaire en 2015-2016, le CISSSO a vu ce poste budgétaire s'accroître de 4,6 millions $ dans l'année qui vient de finir. « Ça nous a handicapés », admet Jean Hébert.
D'importants efforts sont donc déployés en recrutement. Mais au-delà des embauches, il faut également s'assurer d'offrir un bel accueil et un climat de travail agréable aux nouveaux venus, un aspect qui pose actuellement problème.
Au cours de la dernière année, le CISSSO a reçu 4000 curriculum vitae, et 2000 candidats ont passé des entrevues et tests psychométriques. « On en a retenu à peu près 1100, et là-dedans, on en a 250 qui sont partis à l'intérieur de la première année, donc on a un problème de taux de rétention qui est important », indique M. Hébert.