Le député de Pontiac, André Fortin.

Interruption de l'obstétrique dans le Pontiac: André Fortin « furieux »

Le député libéral de Pontiac, André Fortin, est «furieux» qu’aucune solution n’ait été trouvée pour éviter la fermeture temporaire du service d’obstétrique de Shawville pour les six prochains mois.

Présent vendredi lors du point de presse du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) à l’Hôpital du Pontiac, M. Fortin a affirmé que la ministre de la Santé, Danielle McCann, «aurait dû régler [ce dossier] bien avant».

«Je suis furieux parce que ça fait des mois que cette situation-là est connue par les gens du CISSSO, ça fait des mois que cette situation-là est connue par la ministre de la Santé, ça fait des mois qu’il y a des bris de service ici à Shawville, a rappelé celui qui agit aussi comme porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé. […] On trouvait des solutions temporaires pour réparer temporairement — faire venir des infirmières de Montréal, des sages-femmes —, mais on ne s’est pas adressé au nœud du problème. Pourtant, la solution, tout le monde la connaît, c’est d’améliorer les conditions de travail des infirmières ici en Outaouais et en particulier dans le Pontiac parce que même quand on réussit à en attirer, elles quittent pas longtemps après pour l’Ontario, pour des conditions salariales qui sont meilleures.»

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M. Fortin «exige» être informé chaque mois de l’évolution des travaux faits par le CISSSO dans ce dossier et refuse d’envisager toute fermeture permanente de l’obstétrique à Shawville.

Il se dit par ailleurs «inquiet» pour les femmes du Pontiac qui devront se rendre à Gatineau pour accoucher.

«Devoir accoucher à une heure, une heure trente — dans certains cas peut-être plus — de route, on l’a vu dans d’autres régions au cours du printemps quand les unités d’obstétriques étaient fermées, il y a des mères qui ont accouché sur le bord de l’autoroute dans leur voiture dans des conditions qui n’étaient vraiment pas sécuritaires, a-t-il mentionné. […] Des tempêtes hivernales, il y en a beaucoup. C’est loin d’être une situation qui est idéale et qui garantit la sécurité des mères et des familles du Pontiac.»

Le député libéral n’a pas manqué de rappeler que la Coalition avenir Québec a promis d’offrir une rémunération compétitive avec l’Ontario aux infirmières de l’Outaouais. «La solution, la ministre de la Santé, elle la connaît, elle l’a entre les mains, elle l’a promis en campagne électorale», a-t-il lancé.

La mairesse de Shawville, Sandra Murray, est elle aussi en colère et s’inquiète de voir l’interruption du service d’obstétrique prendre un virage permanent. «Les mères sont anxieuses, a-t-elle mentionné. C’est déjà assez de stress juste d’avoir un bébé.»

La solution doit passer par de plus grands incitatifs financiers pour le personnel infirmier, croit Mme Murray. «Beaucoup d’infirmières vivent ici et elles traversent la rivière pour aller travailler à cause des meilleurs salaires et parce qu’elles n’ont pas pu obtenir un poste à temps plein ici», a-t-elle déploré.

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LACOMBE: «LA MEILLEURE DÉCISION» DANS LES CIRCONSTANCES

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, estime que l’interruption temporaire des activités en obstétrique dans le Pontiac était «la meilleure décision à prendre dans les circonstances». 

Tout en reconnaissant que «ce n’est pas idéal», il estime qu’il peut être «rassurant pour les futures mamans de savoir où elles vont accoucher». 

Alors que la Coalition avenir Québec s’est engagée à revoir à la hausse les conditions salariales des infirmières de l’Outaouais en raison de la proximité de l’Ontario, M. Lacombe note que le gouvernement «a quatre ans pour tenir tous [ses] engagements». 

Il estime par ailleurs que cette avenue «n’est pas la seule solution» et que le climat de travail a aussi un grand rôle à jouer.