«Il faut regarder comment mieux faire, comment mieux organiser la composition des équipes de soins en fonction des besoins des patients», estime Lucie Tremblay.

Infirmières: le temps supplémentaire pas obligatoire, rappelle l’Ordre

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) rappelle à ses membres qu’il est de leur devoir de refuser de faire du temps supplémentaire obligatoire (TSO) s'ils ne se sentent pas en état d’en faire. C’est à leur employeur de prendre les moyens d’assurer la continuité des soins, rappelle la présidente de l’OIIQ, Lucie Tremblay.

«L’infirmière ne peut pas être contrainte de faire du TSO. Le Code de déontologie ne peut pas être un outil pour contraindre», insiste Lucie Tremblay en entrevue avec LeSoleil

«Force est d’admettre que le TSO semble être quelque chose d’assez répandu, alors qu’on ne devrait y recourir qu’en situation d’exception. Des horaires de travail, ça se planifie, et c’est à l’employeur de trouver des solutions», tranche la présidente de l’OIIQ, selon qui «les infirmières doivent être rassurées que les choses vont changer». 

Mme Tremblay s’étonne que les établissements aient autant recours au TSO alors qu’on compte au Québec 1600 infirmières nouvellement graduées qui n’ont pas de travail. «Pourquoi ces infirmières ne travaillent pas?» demande la présidente de l’Ordre, qui a interpellé le ministère de la Santé sur cette question. 

«On a envoyé un questionnaire à ces 1600 infirmières nouvellement graduées» pour savoir pourquoi elles n’ont pas d’emploi, précise Mme Tremblay, ajoutant que les résultats compilés et analysés ne seront pas disponibles avant le printemps.

Lucie Tremblay rappelle également qu’il y a actuellement 1000 diplômées hors Québec qui attendent de faire un stage d’intégration. 

«On a 1600 nouvelles diplômées qui déclarent ne pas avoir d’employeur, et on a 1000 diplômées hors Québec qui cherchent un stage d’intégration. Il y a quelque chose dans l’équation qui ne fonctionne pas. J’ai entendu le ministre [de la Santé, Gaétan] Barrette dire qu’il voulait ouvrir 2000 postes d’infirmières. Avec les 1600 nouvelles diplômées sans emploi et les 1000 diplômées hors Québec sans stage, on a là un bassin. Et c’est sans compter qu’on aura en mars un peu plus de 2000 candidats qui vont venir passer l’examen» de l’Ordre, expose Mme Tremblay.

Comment mieux faire?

Par ailleurs, la recherche a démontré que la sous-utilisation des compétences des infirmières peut avoir des répercussions sur leur satisfaction au travail de même que sur la rétention et le recrutement, et, éventuellement, sur le recours au temps supplémentaire, souligne la présidente de l’OIIQ.

«Il faut regarder comment mieux faire, comment mieux organiser la composition des équipes de soins en fonction des besoins des patients», estime Lucie Tremblay.