Marie-Ève Cloutier, directrice des soins infirmiers, rassure la population du Pontiac que ce bris de service est temporaire

Hôpital du Pontiac: pas de service d’obstétrique pendant les Fêtes

L’Hôpital du Pontiac est frappé par un dixième bris de service en obstétrique en l’espace de trois mois, a annoncé le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO). Ce nouveau bris de service sera aussi plus long que les autres alors qu’il s’étendra sur une période de plus de 20 jours.

« De 8 h vendredi matin, jusqu’à 8 h le 3 janvier », c’est ce qu’a indiqué le CISSSO lors d’un point de presse tenu jeudi après-midi.

Vendredi dernier, le CISSSO avait déjà annoncé un neuvième bris de service en obstétrique à l’établissement de Shawville pour une durée de 72 heures. Toutefois, lundi, ce même bris de service a dû être prolongé pour 36 heures supplémentaires en raison d’un manque de personnel infirmier.

Cette fois, c’est pour 21 jours que le service aux femmes enceintes sera suspendu à l’Hôpital du Pontiac.

« On ne voulait pas avoir cette rupture-là aussi longtemps, concède la directrice des soins infirmiers Marie-Ève Cloutier. On est conscient que c’est un stress pour les familles du Pontiac, mais avec nos ressources, il y avait seulement huit quarts de comblés sur un total de 42 pour la période de 21 jours ».

Mme Cloutier a tout de même tenu à rassurer la population du Pontiac quant à l’avenir du service d’obstétrique à Shawville.

« C’est un bris de service temporaire, a-t-elle insisté. On vise à maintenir le service en obstétrique dans le territoire du Pontiac. »

Trois infirmières supplémentaires ont été recrutées à Shawville, dont l'une commencera à travailler en janvier, à la terminaison de ses études.

Actuellement, seulement quatre infirmières sont formées en obstétrique à temps plein à l’Hôpital du Pontiac alors que le CISSSO en aurait besoin de 12.

« Un quart de travail sur trois se fait en temps supplémentaires dans l’établissement du Pontiac », précise Mme Cloutier.

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Le CISSSO ciblé par une plainte à la suite du décès d’un bébé

Le Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et le Bureau du coroner de l’Ontario ont ouvert des enquêtes à la suite du décès d’un nouveau-né dont la mère qui a donné naissance d’urgence à l’Hôpital du Pontiac le 22 septembre dernier s’était plainte aux professionnels de la santé de diverses douleurs dans les jours qui ont précédé l’accouchement.

Anik Lavigne avait rapporté depuis le 14 septembre des problèmes de saignements et de douleurs abdominales lors de consultations avec des infirmières et des médecins au CLSC et à l’hôpital.

« On ne m’a pas écouté, a déploré Mme Lavigne. Depuis le 14 septembre que je me plaignais de mes douleurs. Je me suis plainte à des médecins d’urgence, à des infirmières, à des médecins spécialisés en obstétrique, puis on me disait que c’était probablement une douleur musculaire, que c’était normal, que je n’avais rien. Le 22, il était rendu trop tard », a-t-elle continué, tout en précisant qu’on lui avait notamment donné des Tylenol et des antibiotiques pour ses maux.

La mère de famille de 33 ans qui vit à Mansfield-et-Pontefract, a donné naissance au petit Oly le 22 septembre par césarienne. La date d’accouchement prévue était le 8 octobre. 

Oly a été privé d’oxygène lors de l’accouchement en raison d’un décollement placentaire. Il a été transféré au Centre hospitalier pour enfant de l’est de l’Ontario (CHEO) et a été déclaré mort le 25 septembre. La cause du décès est l’asphyxie de naissance.

« Je sais que c’est le décollement placentaire qui a fait en sorte que mon enfant a manqué d’oxygène. Mon décollement avait peut-être commencé déjà depuis quelques jours, mais on ne m’a pas écouté. Ils ne se sont pas questionnés davantage. Vu que je leur faisais confiance puisque ce sont des médecins, je retournais à la maison, mais j’avais toujours mes douleurs », a raconté Mme Lavigne, qui est mère d’une petite fille de quatre ans.

Des plaintes

Mme Lavigne a déposé des plaintes au CISSSO ainsi qu’au Collège des médecins. Le CISSSO, qui est aux prises avec de nombreux bris de service en obstétrique depuis septembre à l’hôpital de Shawville en raison d’un manque de personnel spécialisé, a indiqué jeudi qu’il n’y avait eu aucune interruption de service durant la période où Mme Lavigne s’est plainte et lors de l’accouchement.

« L’équipe en obstétrique était complète et compétente, que ce soit l’équipe médicale ou de soins infirmiers. Il n’y a pas de lien entre le bris de service et le décès du bébé », a indiqué la directrice des soins infirmiers au CISSSO, Marie-Ève Cloutier.

« Nous sommes très conscients et concernés par cette situation, qui est très malheureuse, et on est sincèrement avec la famille dans ces moments difficiles », a indiqué la direction du CISSSO.