L'Hôpital de Gatineau
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Hôpital de Gatineau: le bris de service aux soins intensifs durera « quelques jours »

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
Le bris de service actuellement en vigueur aux soins intensifs de l’Hôpital de Gatineau durera « quelques jours ».

« On ne connait pas la période exacte pour le moment, mais on sait que ce sera pour quelques jours », s’est contentée de dire la porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Marie-Pier Després lorsque jointe par Le Droit dimanche matin.

En début de soirée samedi, le CISSSO avait en effet annoncé que l’unité des soins intensifs du centre hospitalier du boulevard de La Vérendrye serait en bris de service de façon « temporaire » à compter de minuit en raison d’absences « inattendues » de la part du personnel infirmier.

Le CISSS de l’Outaouais assure toutefois que les patients nécessitant ce type de soins continueront d’être soignés dans d’autres milieux hospitaliers de la région.

« Depuis minuit dimanche, oui il y a eu quelques patients qui ont dû être redirigés vers d’autres hôpitaux. Je n’ai pas le nombre, mais c’est très peu et tout s’est bien déroulé, souligne Mme Després. Avant de faire la fermeture de l’unité des soins intensifs, on s’est vraiment assuré qu’il y avait des corridors de sécurité parce que les gens qui nécessitent des soins intensifs ont besoin de soins particuliers. On s’est vraiment assurés que ces gens-là soient pris en charge correctement, selon leur niveau de soins requis. »

Questionnée à savoir si la hausse du nombre de cas de COVID-19 dans la région et l’arrivée possible d’une deuxième vague inquiétait le CISSSO en constatant la situation dans laquelle se trouve l’Hôpital de Gatineau, Mme Després répond qu’« on se préoccupe de la situation et on prend ça très au sérieux ».

« Au niveau des soins, on s’assure de donner les soins nécessaires et dans le contexte de la pandémie, on a toujours l’unité COVID-19 qui fonctionne actuellement », ajoute-t-elle.

Le cabinet du ministre québécois de la Santé Christian Dubé a de son côté décliné la demande d’entrevue du Droit, se contentant d’une déclaration écrite.

« Nous sommes très conscients de la fragilité de la disponibilité de main-d’oeuvre en Outaouais et nous suivons le dossier de très près, écrit-on. Les travaux se poursuivent afin de mettre en place des mesures incitatives pour recruter du personnel dans la région. Dès lundi, la situation des soins intensifs à l’Hôpital de Gatineau sera réévaluée et les détails seront communiqués à la population, en toute transparence. Aucun effort n’est ménagé pour revenir à une situation normale et acceptable. »

Le CISSSO envisage d’organiser une conférence de presse lundi pour faire le point sur ce dossier.

D'autres fermetures?

Pour Patrick Guay, président du Syndicat des professionnels en soin de l'Outaouais (SPSO), ce bris de service n'est toutefois que la «pointe de l'iceberg» des difficultés du réseau dans la région. Selon lui, il ne s'agit que du «point culminant» de plusieurs mois de difficultés alors que le centre hospitalier ne comptait que deux infirmières pour quatre lits aux soins intensifs.

«S'il y en a une qui quitte pour aller manger, ça veut dire que ça tombe à une infirmière pour quatre patients. C'est impensable et pas sécuritaire», a-t-il soutenu.

M. Guay ne serait d'ailleurs pas surpris que d'autres unités ferment prochainement dans la région, rappelant que les services d'obstétriques ne sont plus disponibles depuis déjà plusieurs mois dans le Pontiac.

«Il va y en avoir d'autres, a-t-il prévenu. À certains endroits, j'ai 60-70 % des postes qui sont vacants, en assurance invalidité ou en congé de maternité, paternité.»

«Il y a aucune entreprise au Québec qui peut faire fonctionner son entreprise avec 30 % de son monde.»

Une rencontre est prévue entre la partie patronale et le syndicat prochainement, mais «le mal est déjà fait», se désole M. Guay.

Rappelons que vendredi dernier, deux « sit-in » du personnel infirmier sont survenus à l’urgence et à l’unité des soins intensifs de l'Hôpital de Gatineau en raison d’un manque de personnel.

Deux jours plus tôt, des infirmières de l’urgence de ce même centre hospitalier avaient aussi effectué un premier « sit-in » pendant près de deux heures pour des raisons similaires.

Avec La Presse canadienne