Heures supplémentaires: une prime qui «ne répond pas aux besoins» en Outaouais

La prime de 75$ pour le personnel infirmier et les préposés aux bénéficiaires qui sera offerte pour réaliser des heures supplémentaires les fins de semaine ne réglera pas les problèmes causés par la pénurie de personnel en Outaouais, estiment les deux syndicats concernés.

«C’est sûr que d’emblée, ce n’est pas adapté et ça ne répond pas aux besoins de la région», lance le président par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO-FIQ), Patrick Guay.

Le syndicat qui représente les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) déplore entre autres que les inhalothérapeutes ne soient pas concernées par la prime, qui doit faire l’objet d’une annonce imminente, selon La Voix de l’Est. «Pourtant, il y a un manque d’inhalothérapeutes dans la région de l’Outaouais», plaide M. Guay.

«Pour ajouter l’insulte à l’injure, il faut être disponible quatre jours par semaine, ajoute M. Guay. Ceux qui font 0,7 [du temps partiel] ne sont pas admissibles, alors on va épuiser encore plus nos membres à temps complet.»

Dans le cadre des négociations nationales avec le gouvernement, le SPSO-FIQ souhaite préserver les primes particulières accordées à ses membres pour les quarts de travail de soir, de nuit et de 12 heures. Le premier ministre François Legault ayant affirmé à plus d’une reprise qu’il fallait augmenter la rémunération du personnel infirmier en Outaouais en raison de l’attractivité du réseau ontarien, le syndicat tentera donc non seulement de garder les primes actuelles, mais aussi de les rehausser, a indiqué M. Guay.

Au Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais (STTSSO-CSN), qui représente entre autres les préposés aux bénéficiaires, la présidente Josée McMillan ne croit pas non plus que la prime de 75$ soit une solution miracle à la pénurie qui sévit dans le réseau.

«Je ne pense pas que cette prime-là va régler l’ensemble des problématiques de manque de personnel qu’on a», a-t-elle réagi.

Mme McMillan déplore notamment que les employés qui travaillent déjà une fin de semaine sur deux devront rentrer au travail trois fins de semaine consécutives s’ils souhaitent toucher la prime de 75$.

«Le personnel est déjà épuisé, dit-elle. Je ne pense pas que ça va être attirant. C’est sûr qu’il y en a qui vont adhérer, mais ce ne sera pas la majorité.»

Le STTSSO-CSN estime par ailleurs que plusieurs autres titres d’emploi auraient dû être ciblés, citant en exemple les employés affectés aux services alimentaires ou à l’hygiène et salubrité.