Les infirmières de l’Outaouais et de partout au Québec refuseront de faire des heures supplémentaires, lundi, dans un geste de protestation. On dit qu’il s’agit d’une première journée d’une série.

Heures supplémentaires obligatoires: les infirmières diront non, lundi

Excédées par les heures supplémentaires obligatoires, les infirmières refuseront collectivement d’en faire, lundi prochain. Et cela pourrait bien n’être que la première journée d’une série.

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, Nancy Bédard, en a fait l’annonce, mardi à Montréal, aux côtés de plusieurs présidentes de syndicats de professionnelles en soins affiliés à la FIQ.

Ce 8 avril sera une Journée nationale sans heures supplémentaires obligatoires, a lancé la dirigeante du syndicat de 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins.

Au cours d’une conférence de presse, elle s’est dite prête à affronter la tempête si ses membres étaient victimes de sanction en agissant ainsi, puisque certains dirigeants d’établissement pourraient l’interpréter comme un moyen de pression concerté en cours de convention. La convention collective de la FIQ-Santé est toujours en vigueur.

Mme Bédard a fait valoir que ce type de gestion avait assez duré et que les infirmières étaient excédées. Des gestionnaires d’établissement en sont rendus à confectionner des horaires à l’avance en y prévoyant des quarts de travail avec des heures supplémentaires obligatoires.

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) insiste pour sa part sur le fait que ce geste de la FIQ ne viendra pas affecter la prestation des services essentiels aux patients.

« Pour la santé et la sécurité des patients, on n’est vraiment pas inquiet, car le code de déontologie est toujours là et personne n’a jamais abandonné de patients, affirme Louis Carpentier, représentant des relations de travail au SPSO pour la région de Gatineau. Ça donne du temps à l’employeur pour faire rentrer du personnel en surplus pour pallier le manque possible de personnel cette journée-là. »

Selon le Centre intégré de santé et services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), le personnel infirmier de toutes ses installations a travaillé au total 35 000 heures sur une base obligatoire au cours de la dernière année, soit une moyenne de près d’une centaine d’heures par jour. Le CISSSO précise que cela représente 0,1 % des heures travaillées par les professionnelles en soins.

« Nous venons de prendre connaissance des intentions du syndicat national FIQ à l’effet de refuser tout temps supplémentaire le lundi 8 avril 2019, a ajouté le CISSSO. Nous sommes à déterminer les impacts et les moyens pour assurer le maintien des services à la population. »