Les congés de maladie prolongés explosent dans la région.

Heures supplémentaires en hausse au CISSSO

En ayant davantage d’employés en absence maladie prolongée ces dernières années, le réseau de la santé de l’Outaouais s’est retrouvé avec une hausse du recours aux heures supplémentaires, qu’elles soient obligatoires ou non.

Les statistiques qu’a obtenues Le Droit par le biais d’une demande d’accès à l’information révèlent que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a dépensé 25,2 millions$ en heures supplémentaires en 2018-2019, soit près de 10 millions$ de plus que trois ans plus tôt. Cela représente une hausse de 62%.

Au cours des quatre dernières années, plus de la moitié des heures supplémentaires payées par le CISSSO ont été travaillées par des infirmières, des infirmières auxiliaires ou des inhalothérapeutes. 

Le «personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers» a pour sa part reçu environ le quart des montants versés par le CISSSO pour des heures supplémentaires. 

Il s’agissait en majorité de préposés aux bénéficiaires.

Le portrait n’est guère mieux pour les heures supplémentaires obligatoires. En 2015-2016, lors de la première année d’existence du CISSSO, 145 infirmières avaient travaillé un total de 1265 heures sur une base obligatoire, afin de ne pas compromettre l’offre de soins. 

Trois ans plus tard, le recours à cette mesure obligatoire a touché 246 infirmières, pour un total de 2410 heures - une hausse de 90%.

«Cercle vicieux»

La président par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO), Patrick Guay, n’est pas étonné de voir que davantage d’employés soient appelés à travailler en dehors de leur horaire normal.

«Les chiffres d’assurance salaire sont immenses, mais je ne suis pas surpris étant donné que notre monde est épuisé, dit-il. [...] On presse le citron à tout bout de champ, alors c’est sûr qu’à un moment donné, les soldats tombent au combat. C’est un cercle vicieux qui fait en sorte qu’il y a plus d’heures supplémentaires.»

M. Guay est prêt à «laisser le bénéfice du doute» au CISSSO, alors que l’organisation croit être en mesure de renverser la vapeur. 

Le syndicat affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) espère aussi que le projet pilote de nouveaux ratios fera des petits.

Un tel projet est en cours depuis l’hiver à l’urgence de l’Hôpital de Hull. 

«Ça fonctionne très bien», a confié le président par intérim du SPSO.