Hausse des signalements à la DPJ en Outaouais

Alors que le nombre de signalements qu’elle doit traiter est en hausse, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Outaouais compte toujours des enfants en attente d’évaluation, une conséquence directe du manque de personnel.

La directrice de la DPJ dans la région, Colette Nadeau, a présenté mercredi le bilan 2018-2019, année au cours de laquelle 6550 signalements ont été reçus en Outaouais. Cela représente une hausse de 7,4 % par rapport aux 6100 signalements traités l’année précédente. À l’échelle provinciale, l’augmentation du nombre de signalements s’est établie à 10 %.

En Outaouais, malgré l’augmentation du nombre de signalements, ils ont été moins nombreux à être retenus. La DPJ régionale en a retenu 2408 l’an dernier, comparativement à 2567 en 2017-2018.

Mme Nadeau souligne que cette situation peut découler du fait que « les gens sont plus sensibilisés » et « plus informés », mais aussi des « vérifications complémentaires » effectuées lors des signalements. Cela permet « d’aller chercher plus d’informations afin de déterminer si la sécurité et le développement de l’enfant [sont] compromis », a-t-elle expliqué.

Le drame de la fillette de Granby qui a secoué tout le Québec peut aussi avoir provoqué une hausse des signalements « à certains moments », a reconnu Mme Nadeau.

Liste d’attente

Colette Nadeau a indiqué qu’il y a présentement une liste contenant les noms de 40 enfants en attente d’évaluation/orientation. 

Il s’agit d’une « nette diminution depuis l’année dernière », alors que la liste d’attente a parfois atteint 150 noms, a précisé la directrice de la DPJ en Outaouais.

Selon Mme Nadeau, « l’attente la plus longue se situe autour de deux semaines », actuellement, en Outaouais. 

Elle assure toutefois que pour les cas nécessitant une intervention « immédiate ou dans les 24 heures », la DPJ de la région est « en mesure de toujours répondre à ces besoins-là ».

La DPJ a obtenu une hausse de son budget afin d’ouvrir, dès jeudi, huit nouveaux postes d’intervenants. 

La pénurie de main-d’œuvre fait toutefois en sorte qu’avant même de procéder à l’affichage de ces nouveaux postes, Mme Nadeau doit faire fonctionner ses services avec « une vingtaine d’intervenants qui manquent », que ce soit en raison de postes vacants ou d’absences prolongées.

Négligence

Parmi tous les signalements retenus en Outaouais l’an dernier, la négligence (ou le risque de négligence) demeure la raison la plus fréquemment invoquée et concerne plus du tiers (35,6 %) des cas. Suivent l’« abus physique » (ou le risque) dans 27,6 % des cas, les mauvais traitements psychologiques (13 %), les troubles de comportement sérieux (12 %) et l’abus sexuel (ou le risque) dans 11,6 % des cas. 

En fin de liste se retrouve l’abandon, qui touche 0,3 % des signalements retenus l’an dernier dans la région, soit huit cas.