Les dépenses en assurance salaire pour le personnel infirmier du réseau de la santé de l’Outaouais ont grimpé de 73 % en trois ans.

Hausse des dépenses en assurance salaire au CISSSO

Les dépenses en assurance salaire pour le personnel infirmier du réseau de la santé de l’Outaouais ont grimpé de 73 % en trois ans.

Des données obtenues par Le Droit grâce à une demande d’accès à l’information montrent qu’en 2015-2016, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a versé 5,1 millions $ en assurance salaire à des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes se retrouvant en congé de maladie prolongé. 

Trois ans plus tard, en 2018-2019, ce montant a atteint 8,8 millions $, une hausse de 73 %.

Pour les problèmes de santé ponctuels, les employés peuvent avoir recours à leurs congés de maladie. 

L’assurance salaire arrive lorsqu’un ennui de santé - physique ou mentale - force l’employé à s’absenter pour plus longtemps, qu’il s’agisse de quelques semaines ou de plusieurs mois.

Alors que le nombre d’employés en soins infirmiers ou cardiorespiratoires ayant eu recours à de l’assurance salaire n’a augmenté que de 15 % entre 2015-2016 et 2018-2019, c’est au chapitre de la quantité d’heures d’absence que le bât blesse.

En 2015-2016, on observait une moyenne de 289 heures payées en assurance salaire chez les professionnelles en soins ayant reçu de telles prestations. 

Trois ans plus tard, en 2018-2019, la moyenne était de 391 heures d’assurance salaire par personne dans cette même catégorie d’emploi. Il s’agit d’une hausse de 35 %.

Des augmentations substantielles des dépenses en assurance salaire ont aussi été observées dans les autres catégories d’emplois. 

Toujours pour la période de 2015-2016 à 2018-2019, la hausse a notamment été de 20 % chez les techniciens et professionnels en santé et services sociaux, de 38 % chez le « personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers » (ce qui inclut les préposés aux bénéficiaires) et de 54 % pour les cadres. 

Pour l’ensemble des salariés du CISSSO, la hausse est de 40 % au cours de cette même période.

Causes multiples

Le directeur adjoint des ressources humaines du CISSSO, Robert Giard, assure que la situation est prise au sérieux. 

« Lorsqu’on voit certains indices comme celui de l’assurance salaire augmenter, on n’est pas très heureux », dit-il. 

La hausse des dépenses en assurance salaire se fait directement sentir dans le budget de l’organisation, puisque les prestations ne sont pas assumées par un régime privé. 

Peu importe la catégorie d’emploi, les employés concernés touchent 80 % de leur salaire pendant leur absence.

Les causes de cette tendance à la hausse « sont multiples », puisque « l’équilibre, au plan humain, se fait à différents niveaux », souligne M. Giard en évoquant par exemple les problèmes familiaux, de couple, individuels ou professionnels.

Selon M. Giard, environ la moitié des cas d’assurance salaire au CISSSO sont liés à des problèmes de santé mentale. 

Dans ce contexte, l’organisation tente par divers moyens de « prévenir » les absences prolongées.

En plus d’un programme d’aide aux employés, le CISSSO tente de soutenir ses employés durant leur absence, et travaille sur la mise en place d’un programme de retour au travail. « On veut favoriser la réussite », assure M. Giard, qui précise que quatre « préventionnistes » ont aussi été embauchés dans cette optique.

Malgré la tendance à la hausse des dernières années, le directeur adjoint des ressources humaines du CISSSO estime que la situation « va s’améliorer ». 

« J’ai cette conviction-là, dit-il. Mais c’est sûr qu’il n’y aura pas de résultats demain matin. » 

Le gestionnaire croit que les statistiques de l’année en cours - 2019-2020 - seront plus reluisantes que celles de l’année dernière.