Grève à la Résidence Le Monastère d'Aylmer: le syndicat tend la main à Chartwell

La grève illimitée qui sévit depuis la fin septembre à la résidence pour personnes âgées Le Monastère d’Aylmer prend une nouvelle tournure. Espérant redémarrer le processus de négociations, le syndicat des Teamsters a mis un terme au piquetage devant l’établissement.

«La grève a débuté il y a sept semaines et il n’y a eu aucun contact l’employeur. Les discussions sont au point mort total. On pose donc un geste de bonne volonté en tendant la main à a direction afin qu’on s’assoie et trouve une entente qui va satisfaire les deux parties», de dire le directeur des communications du syndicat, Stéphane Lacroix. 

Au total, quelque 110 travailleurs affiliés à la section locale 106 des Teamsters ont déclenché une grève le 30 septembre, réclamant des conditions de travail équivalentes à celles qui prévalent dans d’autres résidences détenues par Chartwell. La rémunération est l’un des principaux points en litige. Il y aurait une disparité de deux ou même trois dollars de l’heure pour certains corps de métier, par exemple les préposés aux bénéficiaires, prétend le syndicat. 

La convention collective est échue depuis le 1er avril dernier. 

«Le Monastère est réputé pour accueillir des gens autonomes, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a aussi des gens semi-autonomes et les cas sont en plus en plus lourds. Le côté pervers de la pénurie de main-d’oeuvre, c’est qu’on manque de paires de bras, ça veut dire que les soins aux résidents ne sont pas optimaux. L’employeur fait appel à des agences privées et les travailleurs qu’on envoie sur place lui coûtent plus cher que les employés avec la convention collective. Il faut qu’il y ait un rattrapage, après tout on ne demande pas que les gens soient payés 100 000$ par an. Ce serait dans son intérêt (la partie patronale) de s’asseoir à la table», note M. Lacroix. 

Démissions et pétition

La démission de six salariés depuis l’amorce du conflit de travail a aussi pesé lourd dans la balance pour décider d’interrompre le piquetage à l’extérieur de la résidence qui accueille plus de 250 aînés. 

«Dans nos rencontres avec les travailleurs, ce qui revient de façon récurrente, et c’est un peu inquiétant, c’est le même discours. C’est celui de dire: je vais quitter mon emploi, car je ne me sens pas respecté par mon employeur, alors ça me donne quoi de rester. C’est un phénomène qu’on observe un peu partout dans le secteur privé, mais ce qui est nouveau comparativement à il y a quelques années, c’est que les gens qui disent ça ne prennent plus leur mal en patience, ils quittent. L’entreprise risque de se retrouver dans une situation extrêmement difficile à gérer si 10 ou 15 autres employés démissionnent», ajoute le porte-parole. 

Les Teamsters affirment qu’un autre élément d’importance s’ajoute à l’histoire alors que les résidents, «par solidarité avec les travailleurs», auraient fait circuler une pétition pour réclamer de Chartwell qu’il reprenne les négociations. Certains d’entre eux songent aussi à déménager, selon le syndicat. 

«Les dirigeants auraient tort d’ignorer ces signaux d’alarme», lance M. Lacroix. 

Dépendant de la suite des choses, les Teamsters se réservent le droit de déployer de nouveau des lignes de piquetage. Les prochains jours seront déterminants pour dénouer l’impasse, signale-t-on. 

Le Droit n’a pas été en mesure de joindre le Groupe Chartwell pour obtenir ses commentaires.