La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor

Ginette Petitpas Taylor lance des flèches au gouvernement Ford

De passage à l’hôtel de ville d’Ottawa mardi, la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a fait des allusions à peine voilées aux compressions du gouvernement Ford.

Affirmant que la crise des opioïdes est un défi d’un océan à l’autre et constitue l’enjeu numéro un pour elle, la ministre a entre autres évoqué le fait que l’Ontario a coupé les vivres l’automne dernier au centre d’injection supervisée situé au 179, rue Clarence, dans la Basse-Ville. Le fédéral est venu à la rescousse de Santé publique Ottawa en offrant un financement temporaire d’une durée de six mois. À la fin de l’été dernier, la province a aussi annoncé qu’elle n’approuverait aucun nouveau site de prévention de surdoses, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

La crise des opioïdes ayant coûté la vie à 10 337 personnes de janvier 2016 à septembre 2018, elle a tenu à rappeler que de s’attaquer à cette problématique devrait être une priorité pour tous. À Ottawa, six morts ont été recensés durant cette période. Dans 93 % des cas, les surdoses mortelles étaient accidentelles, selon l’Agence de la santé publique du Canada.

« Je sais que ce n’est pas tout le monde qui partage ces préoccupations et ces convictions. Il y a des gouvernements mal avisés ayant une vision à court terme qui ont mis en doute la valeur de la santé publique », a-t-elle lancé devant plusieurs invités alors qu’elle était la conférencière invitée du petit-déjeuner du maire Jim Watson.

La ministre a tenu à dire que les victimes sont « des frères, des sœurs, des amis, des voisins » et que cette crise est aussi complexe que tragique.

Selon Mme Petitpas Taylor, il faut prendre un peu de recul et reconnaître l’urgence d’agir dans ce dossier. Selon l’Agence de la santé publique du Canada, 89 % des décès liés à cette crise concernaient de jeunes adultes et les adultes d’âge moyen, particulièrement les 30 à 39 ans. Quant au taux de mortalité par 100 000 habitants, il est passé de 8,4 à 11,8 en l’espace d’à peine trois ans au pays.

« On a 40 centres d’injection supervisée à travers le pays et personne n’y a perdu la vie. Il n’y a certainement aucun doute qu’ils fonctionnent. [...] Ces sites sauvent des vies, c’est un service essentiel », a-t-elle poursuivi, ne cachant pas qu’il est « décourageant » comme ministre de la Santé de savoir que d’un côté, le gouvernement ontarien concentre ses efforts sur la vente de bière et de vin, alors que de l’autre, il procède à des coupures dans des services de santé.

Elle a également tenu à souligner le travail de prévention effectué par Santé publique Ottawa, alors que le gouvernement Ford a récemment fait marche arrière au sujet des compressions en matière de santé publique à travers la province. On prévoyait amputer le budget des bureaux de santé publique de quelque 200 millions $.

La vaccination, la légalisation du cannabis, la réduction de la pauvreté chez les enfants, le guide alimentaire canadien et l’impact des changements climatiques sur la santé des gens sont au nombre des autres dossiers auxquels a fait allusion la ministre Petitpas Taylor lors de son allocution.