Ouvert depuis novembre à Trois-Rivières, le premier centre Plasmavie du Québec a vite gagné en popularité.

Gatineau dans la mire d'Héma-Québec

Héma-Québec a rencontré le cabinet du maire Maxime Pedneaud-Jobin et convoite Gatineau comme prochaine ville où implanter un centre de prélèvement de plasma, a appris LeDroit. Les pourparlers sont encore à l'étape préliminaire, mais si l'on se fie au modèle de la Mauricie, un tel projet pourrait représenter un investissement avoisinant le million $ et engendrer la création d'une quinzaine d'emplois.
Ouvert six jours par semaine à une adresse fixe, un salon de donneurs de plasma Plasmavie est dédié exclusivement à la collecte de plasma, l'un des quatre composants du sang, avec pour objectif la fabrication de médicaments. Ces dons ne sont pas dédiés aux transfusions.
Chaque personne répondant aux critères d'admissibilité (18 ans et plus, en santé et particulièrement des groupes sanguins A +, B +, AB + et O +) peut effectuer un don à tous les six jours, le plasma se régénérant toutes les 24 heures. À titre comparatif, un don de sang traditionnel ne peut être effectué qu'à tous les 56 jours.
Les prélèvements de plasma se font grâce la technique d'aphérèse, qui permet de prélever uniquement le ou les composants sanguins désirés grâce à un appareil en circuit fermé. Seul le plasma est donc récupéré et les autres composants sont retournés au donneur.
Ouvert depuis la mi-novembre à Trois-Rivières, le premier centre Plasmavie du Québec a vite gagné en popularité.
« Nous n'avons pas encore atteint la vitesse de croisière. On reçoit 32 donneurs par jour, mais à terme, une fois qu'il y aura eu de la formation et des embauches supplémentaires, on pense pouvoir accueillir 45 donneurs sur une base quotidienne », affirme le directeur des relations publiques d'Héma-Québec, Laurent-Paul Ménard.
L'extension de son réseau faisant partie de ses stratégies à plus long terme, l'organisation ne cache pas qu'elle tâte le terrain en Outaouais en vue de l'ouverture d'un second centre. Une rencontre a eu lieu en sol gatinois vendredi dernier.
« Je confirme qu'il y a eu des discussions et qu'il y a intérêt de notre part, parce que Gatineau représente un important potentiel. Par contre, c'est maintenant dans les mains des autorités municipales et ce sera à eux de statuer », dit le porte-parole.
Augmenter les dons
Avec de tels établissements, Héma-Québec souhaite augmenter le nombre de dons de plasma par aphérèse. À l'heure actuelle, le plasma prélevé au Québec ne permet de couvrir que 12 % des besoins en fabrication de médicaments, mais l'objectif de l'organisation est que le taux d'autosuffisance atteigne 20 % car la province dépend largement des prélèvements provenant de l'étranger.
Grâce au fractionnement du plasma, il est possible d'isoler et de purifier certaines protéines et de produire des médicaments pour traiter certains cancers sanguins, en plus d'être bénéfiques pour des maladies du foie et le traitement des grands brûlés.
« On souhaite que les gens fassent au moins huit dons par année. Règle générale, selon ce qu'on a observé à Trois-Rivières, c'est à peu près les mêmes personnes déjà sensibilisées au don de sang traditionnel qui viennent au salon », soutient M. Ménard. Rappelons qu'à peine 3 % de la population fait des dons de sang.
L'attachée de presse du maire Pedneaud-Jobin, Laurence Gillot, confirme qu'une rencontre a eu lieu avec la direction d'Héma-Québec et que le sujet sera éventuellement abordé à la table du conseil municipal.