Le député libéral Andre Fortin se questionne sur le plan de recrutement des infirmières pour l’Outaouais.

Fortin s’interroge sur le recrutement des infirmières dans les CLSC

Le député libéral de Pontiac, André Fortin, voit d’un œil «positif» le retour annoncé d’infirmières dans trois CLSC en milieu rural de l’Outaouais, mais estime qu’«il y a encore un enjeu» pour assurer leur recrutement.

Alors que la ministre de la Santé, Danielle McCann, a annoncé lundi que des soins infirmiers seront de nouveau offerts dans les CLSC de Chelsea, Low et Val-des-Bois, André Fortin croit «que c’est positif d’avoir des services de proximité dans certains CLSC».

Le député de Pontiac, qui est porte-parole de l’opposition officielle en matière de Santé, attend toutefois de voir le «plan de recrutement» du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) avant de se réjouir davantage.

«C’est très bien d’annoncer des postes supplémentaires [...] mais on n’a toujours pas de plan concret à savoir comment on va pourvoir les postes vacants dans la région ou comment on va éliminer le temps supplémentaire obligatoire», a-t-il mentionné en entrevue avec Le Droit.

M. Fortin craint entre autres que la recherche d’infirmières pour œuvrer dans les CLSC de Chelsea, Low et Val-des-Bois se fasse au détriment de postes occupés ailleurs dans la région. «Si on y met l’effort, j’espère qu’on va pourvoir les postes en question, cependant, ce qu’on risque de faire, c’est de créer d’autres postes vacants dans la région, dit-il. [...] On a besoin d’un plan plus détaillé pour assurer le recrutement et la rétention.»

Le premier ministre François Legault a déjà indiqué qu’il jugeait nécessaire de «revoir les incitatifs [dans le réseau de la santé de l’Outaouais] pour être en compétition avec Ottawa et les salaires plus élevés».

André Fortin attend encore une fois de voir ce que la Coalition avenir Québec proposera à cet égard, mais assure que si le plan du gouvernement est «convenable», il ne voit «pas d’obstacle» à un appui des libéraux.

Bris de service

En ce qui concerne les bris de service en chirurgie générale observés ces derniers mois aux hôpitaux de Shawville et de Maniwaki, M. Fortin croit que l’entente imminente avec les médecins spécialistes évoquée par la ministre McCann pourra «peut-être» régler le problème. La semaine dernière, le député de Pontiac a demandé en chambre de connaître le nom des établissements qui devraient faire partie de l’entente. «J’attends toujours», a-t-il fait savoir mardi.

Naissances

André Fortin ne voit par ailleurs pas d’inconvénient à ce que le projet de réaménagement de l’unité de périnatalité de l’Hôpital de Gatineau soit réévalué, pourvu que l’échéancier ne soit pas affecté. Danielle McCann a indiqué au Droit, lundi, qu’elle souhaite une «légère pause» afin qu’un «regard neuf» soit posé sur le projet d’aménager 32 chambres TARP (travail-accouchement-récupération-postpartum), annoncé pour la première fois en 2014.

Elle ne ferme d’ailleurs pas la porte à ce que le projet soit inclut dans l’ajout de 170 lits de soins hospitaliers dans la région d’ici 2023.

«Notre seule préoccupation, c’est la durée de cette pause, a réagi M. Fortin. Si la ministre est prête à faire des bonifications pour répondre à certaines des exigences du corps médical pour améliorer les services aux citoyens, ça peut effectivement être positif, mais ce qui nous inquiète, ça demeure l’échéancier. Pour l’ajout des 170 lits, [...], depuis le début, on se pose des questions sur la possibilité que cet échéancier soit respecté.»

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Plus de « stabilité » dans les CLSC

L’ajout de personnel dans trois CLSC en milieu rural de la région de l’Outaouais « va créer de la stabilité », selon le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO).

« C’est toujours une bonne nouvelle quand on ajoute des postes parce que les CLSC sont souvent en surcharge de travail », affirme Louis Carpentier, responsable des relations de travail au SPSO pour la région de Gatineau.

Lundi après-midi, la ministre de la Santé Danielle McCann a annoncé une augmentation du personnel dans les CLSC de Val-des-Bois, de Low et de Chelsea.

Le CLSC de Val-des-Bois pourra donc compter sur le retour d’une infirmière, ainsi que sur les services d’une infirmière praticienne spécialisée et d’une agente administrative. 

Les CLSC de Low et de Chelsea pourront également ajouter une infirmière et une agente administrative à leurs effectifs.

« Les infirmières qui étaient dans l’équipe volante, ou encore des employés qui avaient des postes à temps partiel, pourraient se retrouver avec un poste à temps complet, même si je ne sais pas exactement si dans le budget ce seront des postes à temps complet qui seront affichés, indique M. Carpentier. C’est certain qu’on ne règle pas le problème de pénurie, mais ça offrira un meilleur service pour ces régions-là. »

Julien Coderre, Le Droit