La ministre Elliott croit que les nouveaux modèles de soins 911 contribueront à libérer des ambulances retenues aux urgences des hôpitaux de la capitale fédérale.

Favoriser les soins à domicile pour les patients en fin de vie

Les patients ontariens en fin de vie qui souhaitent rester à la maison pourront bientôt plus facilement le faire grâce à un élargissement du champ d’intervention des paramédics à travers la province.

Dès avril, l’Ontario emboîtera le pas à la Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard et permettra aux bénéficiaires de soins palliatifs de recevoir certains soins d’urgence à domicile par des paramédics. La ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott, a dévoilé ces changements durant une visite à Ottawa lundi matin.

« La majorité des malades en Ontario souhaiteraient mourir à la maison et pourtant, plus de 70 % d’entre eux meurent à l’hôpital. Nous voulons qu’ils aient un accès 24/7 à de l’aide lors d’urgence palliative. Nous croyons que si les paramédics sont capables de les aider lorsque ces crises surviennent, ça aidera à soutenir les patients », affirme l’urgentologue de l’Hôpital d’Ottawa, Valérie Charbonneau, qui a travaillé à l’élaboration de ce projet.

Dans les nouveaux modèles de soins 911, les paramédics pourront prodiguer certains médicaments ou antidouleurs aux patients en fin de vie directement dans leur résidence, si ces derniers le souhaitent. Les malades peuvent ensuite rencontrer leur médecin dans un centre de soins palliatifs pour ajuster leur prescription, au besoin.

Auparavant, en cas d’urgence, ces patients étaient forcés de refuser l’aide des paramédics s’ils ne voulaient pas se rendre à l’hôpital.

« Personne ne veut vraiment aller à l’hôpital, à moins qu’ils en aient absolument besoin. Pour eux, ça peut même faire dérailler leur plan de traitements palliatifs, explique Dre Charbonneau. Il y a évidemment des situations où les gens seront mieux servis à l’hôpital, dans un environnement de soins intensifs, mais on essaie de diminuer ces occasions autant que nous le pouvons. »

Libérer des ambulances ?

À 329 reprises de janvier à août 2019, aucune ambulance n’était disponible sur le territoire de la ville d’Ottawa en raison de délais dans les urgences des hôpitaux de la capitale fédérale. La ministre Elliott croit que ces nouveaux modèles de soins 911 contribueront à réduire la portée de cet enjeu.

« On espère étendre ce service à d’autres types de soins dans le futur, en santé mentale par exemple. Nous savons que parfois, des personnes en état de crise sont envoyées à l’hôpital où ils ne reçoivent pas nécessairement les services dont ils ont besoin », soutient la ministre de la Santé.

L’urgentologue Valérie Charbonneau reconnaît que l’élargissement du champ d’intervention des paramédics aidera à réduire les embouteillages dans les urgences, mais prévient qu’il ne s’agit pas d’une solution miracle.

« Ça touche un nombre limité de patients. Je pense que c’est un bon pas vers l’avant, soutient Dre Charbonneau. C’est un enjeu complexe qui implique un ensemble de facteurs. Si la solution était simple, nous aurions déjà réglé le problème. »