Faculté: vif intérêt des médecins

Aucune brique n'a encore été posée et aucun étudiant n'a sorti son stéthoscope que la faculté de médecine satellite qui pourrait voir le jour en Outaouais d'ici 2016 suscite d'ores et déjà un vif intérêt ailleurs en province. Des médecins des régions telles que la Côte-Nord ou le Nord-du-Québec se seraient montrés intéressés au projet.
C'est ce que le directeur régional de l'enseignement médical et vice-doyen à l'enseignement de la médecine à l'Université McGill, Dr Gilles Brousseau, a lancé jeudi soir en marge de sa présentation devant le conseil d'administration de l'Agence de santé et des services sociaux de l'Outaouais, qui a donné son appui unanime au rapport de faisabilité.
«J'ai travaillé assez longtemps sur ce dossier-là et si on a mentionné qu'il était nécessaire dans le rapport, c'est qu'on se doit de l'offrir dans la région», a mentionné ce dernier.
À son avis, Gatineau ne faisait pas nécessairement figure de parent pauvre même si des villes moins populeuses ont obtenu une faculté satellite avant elle.
«Ce n'est pas une question de temps, mais plutôt de timing, d'opportunité. L'Outaouais a en ce moment plus à offrir et a une meilleure capacité. Ça ne veut pas dire que demain matin on peut accueillir tous ces stagiaires-là, mais si on investit au niveau des services ambulatoires, des infrastructures,etc., on amène une clientèle étudiante et des professeurs qui eux aussi vont offrir des services à la population», soutient le Dr Brousseau.
Tout en demeurant prudent, le président-directeur général de l'Agence, Jean Hébert, n'a pas caché sa fierté de voir que la région pourrait bien faire un important pas vers l'avant.
Le nerf de la guerre étant le financement, à quel point l'Agence est confiante de convaincre les instances gouvernementales de la pertinence du projet, sachant que des élections provinciales pourraient être déclenchées à tout moment dans le contexte politique actuel?
«La décision revient à Québec, vous comprendrez que je ne peux pas décider pour eux. Mais je pense que le projet, depuis qu'il a été dévoilé, soulève un enthousiasme au niveau de la population de la région. Il me semble que ça devrait être porteur pour les gens qui sont en politique», répond M. Hébert.
Pénurie de médecins
Sans pouvoir avancer des chiffres concrets, le pdg de l'Agence estime que la faculté de médecine délocalisée en Outaouais aura un impact positif sur la pénurie de médecins à laquelle la région est confrontée depuis maintes années.
«Ce projet-là va faciliter l'attraction et la rétention des médecins. Nous sommes la région où il y a les plus grands besoins en terme d'omnipraticiens. En plus, ça peut avoir pour effet d'attirer aussi les médecins spécialistes. (...) Le manque de médecins, c'est une problématique à court terme, mais avec la faculté, on a une solution à long terme», dit-il.
Dans sa planification stratégie 2010-2015, l'Agence de santé s'est fixé la cible que 70% des patients de la région aient un médecin de famille d'ici le printemps 2015. En juillet dernier, la proportion était de 56%, une statistique qui tend à s'améliorer au fil du temps.
À l'heure actuelle, on dénombre environ 25000 patients orphelins en Outaouais.
L'élaboration d'un plan d'affaires plus détaillé est la prochaine étape importante en vue de la concrétisation du projet. Le tout devrait être mis sur papier d'ici la fin avril.