«Je dénonce ce phénomène de manipulation de l’information qui vient selon moi de McGill», affirme le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault.

Faculté de médecine de l'Outaouais: Impératif français accuse McGill de «mentir»

Le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, accuse l’Université McGill d’avoir « menti » en affirmant que les futurs étudiants de la faculté satellite de médecine de l’Outaouais pourraient suivre toute leur formation dans la langue de Molière.

M. Perreault a vivement réagi, vendredi, à l’article du Droit ayant révélé que les cégépiens souhaitant étudier à la future faculté satellite devront au préalable aller passer un an à Montréal pour y suivre un programme préparatoire offert exclusivement en anglais.

Sur la totalité des candidats admis pour la formation en médecine de quatre ans offerte par McGill, environ 40 % sont des finissants du cégep qui doivent obligatoirement passer par le programme préparatoire. L’Université McGill a indiqué au Droit que la cohorte de 24 étudiants qui entrera dans la faculté satellite de l’Outaouais en septembre 2020 sera composée « de 12 à 20 cégépiens ayant complété le programme préparatoire de la cohorte 2019-2020 ».

En janvier dernier, le vice-doyen adjoint à l’enseignement de la médecine de l’Université McGill pour l’Outaouais, le Dr Gilles Brousseau, a fait savoir que le plan de francisation du programme serait réalisé pour l’arrivée de la première cohorte en 2020, mais n’avait pas abordé la question de l’année préparatoire.

« On ne peut pas d’un côté dire qu’un étudiant pourra suivre toute sa formation en français pour arriver après et venir déclarer que non, non, non, il devra au préalable suivre une formation en anglais à l’Université McGill à Montréal, s’insurge Jean-Paul Perreault. Je dénonce ce phénomène de manipulation de l’information qui vient selon moi de McGill, parce que McGill ne devait pas ignorer tout le cheminement de l’étudiant. Ils nous ont menti, ils ont caché de l’information. »

Le Dr Brousseau a mentionné, jeudi lors de la rencontre du conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, que le mandat reçu « était de livrer les quatre années de formation médicale [...] en français à partir de septembre 2020 ». « Il reste à développer dans la région la possibilité d’offrir une formation en sciences de base, a-t-il précisé. Ça, on peut le travailler avec nos partenaires locaux. »

Le président d’Impératif français espère que le nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec réagira afin que « les francophones qui veulent étudier uniquement en français » puissent le faire à la faculté satellite de médecine de l’Outaouais, qu’ils arrivent du cégep ou non.

« Ce que nous avons toujours dit, c’est que la faculté de médecine en Outaouais devait relever d’une université de langue française, souligne M. Perreault. Si l’Université d’Ottawa et l’Université de Moncton sont capables d’offrir un programme de formation médicale entièrement en français, je ne vois pas pour quelle raison le Québec n’est pas en mesure de le faire dans une région qui est majoritairement francophone comme l’Outaouais », ajoute-t-il.

M. Perreault réclame également une redéfinition des réseaux universitaires intégrés de santé (RUIS), créés par en 2003 par les libéraux. En raison de la division territoriale dictée par ces RUIS pour les quatre facultés de médecine de la province, l’Outaouais se retrouve sous la responsabilité de l’Université McGill. « Ça doit être corrigé, ça presse », juge le président d’Impératif français, qui estime par ailleurs qu’il serait souhaitable qu’une nouvelle faculté de médecine soit créée à l’intérieur du réseau de l’Université du Québec.