Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, Navdeep Bains, reconnaît qu’il faut faire preuve de prudence dans la recherche en matière d’intelligence artificielle.

Étudier le cerveau pour rafiner l’intelligence artificielle

Le projet d’un chercheur d’Ottawa a été retenu dans le cadre d’une initiative conjointe du Canada et du Royaume-Uni pour financer la recherche en matière d’intelligence artificielle.

Le professeur Georg Northoff de l’Institut de recherche sur le cerveau de l’Université d’Ottawa travaille sur l’un des 10 projets retenus dans le cadre de l’Initiative Canada–Royaume-Uni sur l’intelligence artificielle.

« Dans la communauté de l’intelligence artificielle ces jours-ci, il y a la pensée qu’on peut produire de l’intelligence artificielle qui peut aller bien au-delà de ce que le cerveau humain peut réaliser. On adopte une position différente qui est de se dire qu’on peut beaucoup apprendre sur la façon de fonctionner du cerveau et, en particulier, sur la façon qu’il se synchronise à son environnement », explique Dr Northoff.

Le professeur de l’Université d’Ottawa — qui collabore notamment avec le neurophysicien de l’Université College de Londres, Karl Friston — étudiera la réaction du cerveau à différents stimuli externes comme la musique ou le cinéma.

« Ce genre de synchronisation et d’alignement est plutôt faible dans l’intelligence artificielle actuellement. S’ils pouvaient démontrer ce type de capacités, elle nous serait probablement beaucoup plus utile », explique Georg Northoff.

« Cette synchronisation au milieu semble être un élément central des désordres psychiatriques et dans caractéristiques cognitives comme la santé mentale ou la conscience de soi en général, ajoute le psychiatre, neurophysicien et auteur d’un ouvrage sur la neuro-philosophie. On regarde souvent ce qui est spécial à l’intérieur du cerveau et comment il traite les stimuli externes pour en faire de la connaissance, donc comment le cerveau s’impose sur son environnement. On l’étudie maintenant de la façon contraire : comment le cerveau s’adapte et s’aligne à son environnement. Quand vous dansez, ce n’est pas le cerveau qui crée la musique, c’est la musique qui crée les mouvements. »

Prudence

Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, Navdeep Bains, reconnaît qu’il faut faire preuve de prudence dans la recherche en matière d’intelligence artificielle en raison de ses potentielles utilisations militaires ou en matière d’analyse et de collecte de données privées.

« C’est quelque chose qu’on soulève auprès de nos partenaires régulièrement : comment pouvons-nous utiliser l’intelligence artificielle pour le bien commun ? S’en servir, par exemple, pour régler certains défis actuels pour notre population vieillissante. Si nous pouvons faire ça, on va pouvoir réduire le niveau d’inquiétude autour de l’intelligence artificielle », affirme le ministre Bains.

Pour veiller au développement responsable de ces technologies, le président du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, Ted Hewitt, insiste sur l’interdisciplinarité des projets de recherches retenus dans le cadre de l’initiative britanno-canadienne qui prévoit un investissement de 5 millions $ et de 5 millions de livres sterling au cours des trois prochaines années.

« Ces projets vont apporter des bénéfices concrets à nos citoyens, je n’en ai absolument aucun doute », soutient M. Hewitt.