L’utilisation de comprimés oraux peut réduire l’apparition de caillots sanguins lors de traitements de chimiothérapie et ainsi éviter des injections quotidiennes.

Étude clinique sur le cancer concluante en Outaouais

Des patients de l’Outaouais atteints d’un cancer ont participé à une étude récemment publiée dans le prestigieux New England Journal of Medicine ayant révélé que l’utilisation de comprimés oraux peut réduire l’apparition de caillots sanguins lors de traitements de chimiothérapie et ainsi éviter des injections quotidiennes.

À l’heure actuelle, les patients qui sont aux prises avec des complications liées au cancer comme des embolies pulmonaires et des thrombophlébites doivent être traités avec des médicaments qui nécessitent des injections quotidiennes pendant six mois. « Ce sont des injections assez douloureuses, ça chauffe et ça cause des ecchymoses », indique le Dr Karim Abou-Nassar, hématologue au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais et chercheur principal, pour le site de Gatineau, de l’étude baptisée AVERT.

De nouveaux médicaments oraux pour réduire le risque de caillots sanguins pouvant provoquer de telles complications sont arrivés sur le marché il y a quelques années, et servent déjà à prévenir, entre autres, des accidents cardiovasculaires, explique le Dr Abou-Nassar.

L’étude AVERT à laquelle a participé le Dr Abou-Nassar avait pour but de déterminer si l’un de ces nouveaux médicaments – l’apixaban – , pouvait être utile en oncologie, car « ça n’avait jamais été testé chez la population atteinte de cancer ».

Or, « le cancer est un facteur de risque majeur pour l’apparition de caillots sanguins, de thrombophlébites ou d’embolies pulmonaires », précise le médecin spécialiste. De telles complications représentent la deuxième cause de mortalité chez les patients atteints d’un cancer, tout en occasionnant « des coûts accrus » pour le réseau de la santé.

Au total, 574 patients ont participé à l’étude à partir de différentes villes au pays, mais aussi d’ailleurs dans le monde. Du lot, une trentaine étaient suivis au centre de cancérologie de l’Hôpital de Gatineau.

Le développement de complications liées à la présence de caillots sanguins a été plus fréquent chez les patients ayant reçu un placebo au cours des six mois de l’étude que chez ceux ayant reçu l’apixaban. Un traitement préventif avec ce médicament a donc « réduit le risque de plus de 50 % », se réjouit le Dr Abou-Nassar, en précisant que les traitements de chimiothérapie peuvent être interrompus lorsqu’un caillot cause un épisode de thromboembolie chez un patient.

Le recours à une telle médication à titre préventif, grâce à la prise de comprimés deux fois par jour, suscite ainsi de l’enthousiasme chez la communauté médicale œuvrant auprès des patients cancéreux.

Le Dr Abou-Nassar précise qu’il revient maintenant au manufacturier du médicament de présenter une demande auprès de Santé Canada pour qu’il obtienne « l’indication » permettant de l’utiliser afin de prévenir les épisodes de thromboembolie chez des patients en chimiothérapie. Si la réponse est positive, les autorités provinciales devront ensuite évaluer la pertinence de couvrir le coût du médicament, en évaluant ses bénéfices cliniques et son prix.