Marie-Christine Goulet, présidente d'Épilepsie Outaouais, et Suzanne Guerin, directrice par intérim de l'organisme.

Épilepsie Outaouais au bord du gouffre

Le seul organisme venant en aide aux épileptiques de l'Outaouais a lancé un nouveau cri d'alarme, mercredi soir, devant une centaine de personnes. Sa directrice espère que cette soirée spéciale de financement sera sa dernière, et que l'organisme survivra à 2014.
La directrice par intérim et intervenante sociale d'Épilepsie Outaouais, Suzanne Guérin, est la seule employée permanente de l'organisme.
Épilepsie Outaouais ne peut pas subvenir aux besoins des gens de la région avec son budget annuel de 72500$, martèle Mme Guérin. Sans équipe d'intervention, l'organisme ne pourra plus poursuivre ses activités. Déjà, les services de soutien individuel ont été interrompus, et les ateliers de sensibilisation et la formation dans les écoles ne peuvent être offerts.
Selon Mme Guérin, il faudrait 295000$ par année pour fournir aux épileptiques et à leur entourage les services nécessaires. Pour bien fonctionner, il faudrait embaucher quatre personnes à temps complet.
Le manque de neurologues en Outaouais force plusieurs épileptiques à traverser en Ontario pour recevoir des soins. La situation, explique Mme Guérin, est particulièrement préoccupante lorsqu'il s'agit de jeunes de 18 ans et moins ne maîtrisant pas l'anglais. Dans le cas des enfants suivis au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, les suivis avec les médecins du Québec (pédiatres et généralistes) et les autres professionnels de la santé ne se font plus.
La CSPO à la défense de son personnel
Par ailleurs, le secrétaire général et directeur des communications de la commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) s'est porté à la défense de son personnel, pointé du doigt par la famille d'une élève atteinte d'épilepsie.
Mercredi, LeDroit révélait l'histoire troublante de Vanessa Sauvé, 15 ans, victime d'intimidation et de violence de la part d'autres élèves de l'école secondaire de l'Île. Ses parents ont déploré le manque de soutien fourni par le personnel de l'école.
«Les intervenants se sont sentis blessés (par ces propos), explique le secrétaire général de la CSPO, Pierre Ménard. Ils ont travaillé avec la famille. C'est un dossier complexe.»
M. Ménard convient que la situation était difficile pour la famille, avant que l'élève quitte l'école secondaire de l'Île pour l'école secondaire Mont-Bleu, où tout semble aller mieux pour elle. Les deux établissements font partie de la même commission scolaire.
«On ne peut pas dire que c'est un tissu de mensonges, rajoute-t-il. Cependant, nous avons fait notre possible, de bonne foi, pour accompagner l'élève. Nous avons l'impression d'avoir tout fait pour aider.»