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Entrevue de fin d'année avec le ministre Mathieu Lacombe
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Entrevue de fin d'année avec le ministre Mathieu Lacombe
Le ministre de la région de l'Outaouais s'est entretenu avec Le Droit dans le cadre d'une entrevue de fin d'année de plus d'une heure. Voici l'essentiel.
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Le «défi» de la qualité des soins en Outaouais [VIDÉO]

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Justine Mercier
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Le Droit
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«C’est clair qu’en Outaouais, on a un défi depuis plusieurs années, celui d’être capable d’offrir une qualité de soins qui se compare avec l’Ontario», estime le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, en confiant avoir lui-même vécu une «expérience cauchemardesque» à l’Hôpital de Gatineau.

Lors d’une entrevue de fin d’année de plus d’une heure avec Le Droit, le ministre Lacombe a été invité à réagir à une lettre ouverte de la Gatinoise Carole Pommet, qui indique avoir passé plus de huit heures à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau sans voir un médecin, pour ensuite se rendre à l’Hôpital Montfort, sur la rive ontarienne, où on lui a rapidement diagnostiqué une perforation de l’appendice.

Mathieu Lacombe a pris une longue pause avant de livrer sa réaction. «C’est une question difficile, parce que je n’ai pas envie de dire aux gens qui travaillent dans le réseau qu’ils ne sont pas bons, a-t-il commencé. Je pense que chaque individu dans le réseau fait un bon travail, même si comme n’importe où, il y a toujours des gens qui sont moins à leur place. Donc je vais être prudent dans ce que je dis, parce que mon intention ce n’est pas de dire aux gens qui se dévouent actuellement qu’ils ne font pas du bon travail, mais c’est clair qu’en Outaouais, on a un défi depuis plusieurs années, celui d’être capable d’offrir une qualité de soins qui se compare avec l’Ontario. On a l’exemple de nos voisins qui n’est pas loin dans le rétroviseur. Cet exemple-là, il nous saute au visage chaque jour.»

La situation décrite dans la lettre ouverte de Mme Pommet est «dommage», estime le ministre. «Mais en même temps, ça ne m’a pas surpris, parce que c’est vrai que ça arrive ce genre de situation là, dit-il. Par contre, ce n’est clairement pas tous les employés du réseau qui sont comme ça, je pense que la majorité font un excellent travail.»

À LIRE AUSSI: La lettre ouverte de Carole Pommet, «Deux rives, deux systèmes de santé opposés»

De son côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) assure que tous les acteurs du réseau «ont à cœur d’offrir des soins sécuritaires et de qualité à la population» et que «chaque situation qui est rapportée se veut une occasion de se questionner sur nos pratiques dans une optique d’améliorer la qualité des soins et des services.»


« C’est clair qu’en Outaouais, on a un défi depuis plusieurs années, celui d’être capable d’offrir une qualité de soins qui se compare avec l’Ontario. »
Mathieu Lacombe, ministre responsable de l'Outaouais

«Cauchemardesque»

M. Lacombe souligne que les «mauvaises expériences» peuvent arriver à tout le monde. Il témoigne d’ailleurs avoir lui aussi connu des moments peu réjouissants dans le réseau de la santé de l’Outaouais.

«J’ai déjà eu une expérience cauchemardesque à l’Hôpital de Gatineau lorsque mon plus jeune, Thomas, est né, a-t-il raconté. On n’a pas que de beaux souvenirs de l’arrivée de mon deuxième enfant, donc je suis très bien placé pour comprendre que parfois, dans notre réseau de la santé, il y a des enjeux, mais on ne peut pas non plus généraliser et dire que tous ceux qui travaillent dans le réseau ne sont pas bons. Il faut comprendre que ces gens-là, actuellement, une chance qu’ils sont là et ils font un travail exceptionnel pour la plupart.»

Alors que le CISSSO a été visé à de nombreuses reprises ces dernières années par des recommandations de coroners ayant soulevé des lacunes dans la qualité des soins offerts, le ministre Lacombe affirme qu’il ne faut jamais accepter «que les gens reçoivent des mauvais soins».

«Mais la réalité, c’est qu’on ne peut pas changer une situation du jour au lendemain, note-t-il. Il faut prendre des décisions qui vont faire en sorte qu’avec les années, la situation va changer.»

Le ministre responsable de l’Outaouais souligne que son gouvernement «a congédié le PDG qui était en place [au CISSSO] par une PDG qui est beaucoup plus à l’écoute du personnel et qui est beaucoup plus dans un mode de collaboration avec les gens du réseau».

L’annonce d’un nouvel hôpital de 600 lits — qui générera un gain net de 240 lits de courte durée dans la région — fait aussi partie des éléments qui, selon M. Lacombe, permettront d’améliorer les soins offerts en Outaouais.

«Ce qu’on me dit, c’est qu’à l’interne, dans le réseau, les gens sont très mobilisés, ils sont très heureux de ça, a-t-il mentionné. Ça a créé un effet d’entraînement positif.»

Un peu plus de deux ans après l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec  (CAQ), Mathieu Lacombe n’hésite pas à dire que «tous les problèmes» du réseau de la santé de l’Outaouais ne sont pas réglés, même si certaines avancées comme le retour de soins infirmiers dans des CLSC en milieu rural ont pu être réalisées.

«Mais je pense que les gens qui nous lisent actuellement ne s’attendaient pas à ce qu’on change la situation du tout au tout en deux ans, ajoute-t-il. C’est impossible à faire.»

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Justine Mercier
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Le ministre Mathieu Lacombe ne cache pas son irritation devant ce qu’il qualifie de « cynisme » de la part de certaines personnes devant le bilan de mi-mandat du gouvernement pour le réseau de la santé en Outaouais.

« Honnêtement, on a fait beaucoup, a-t-il lancé en entrevue de fin d’année avec Le Droit. Si on regarde ça objectivement et qu’on compare ça d’abord avec ce que le précédent gouvernement a fait et ensuite avec ce qu’il promettait de faire, on est à des années-lumière. »

L’annonce de la construction d’un nouvel hôpital de 600 lits dans la région est un élément « majeur » pour l’avenir de la région, plaide-t-il. « Je ne comprends pas, moi, pourquoi en Outaouais les gens ont l’impression que ce n’est pas une bonne promesse. Parfois, je ne comprends pas pourquoi les gens sont cyniques par rapport à cette promesse-là. »

Alors que des projets annoncés antérieurement ne se sont pas encore concrétisés — comme la réalisation de 32 chambres TARP (travail-accouchement-récupération-postpartum) promise depuis 2014 —, le ministre Lacombe souligne qu’il ne peut « pas être imputable de ce que les précédents gouvernements ont fait ».

« Ça, c’est leur bilan, que j’ai moi-même critiqué. Ça leur appartient. Notre job, maintenant qu’on est au gouvernement, c’est de regarder vers l’avenir, c’est de faire ce qu’on dit et de tenir tous nos engagements. […] On a livré un projet d’hôpital. Évidemment, il n’est pas construit, mais on a présenté le projet qu’on a retenu. D’abord, depuis qu’on est arrivés, on a fait un plan clinique pour l’ensemble de la région de l’Outaouais, ce qui n’avait pas été fait depuis des lunes. Ensuite, on est partis de ce plan-là pour se demander qu’est-ce que ça nous prend véritablement comme nouvel hôpital en Outaouais et le résultat qu’on a livré, c’est quelque chose de beaucoup plus gros que ce qu’on avait promis. »

M. Lacombe note qu’il « est normal » que l’hôpital ne soit pas encore construit. Lors de l’annonce à la mi-octobre, le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait mentionné croire que l’infrastructure pourrait être construite « bien avant 2030 ». « Je pense qu’il faut se réjouir de ça et j’ai beaucoup de difficulté à comprendre le cynisme de certaines personnes par rapport à ce projet-là, a mentionné M. Lacombe. […] Ça me dépasse un peu. »

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Justine Mercier
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Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, affirme «comprendre» les employés du réseau de la santé de la région qui dénoncent l’imposition d’horaires à temps plein aux hôpitaux de Hull et de Gatineau, tout en croyant les dirigeants lorsqu’ils affirment qu’ils n’avaient «pas le choix» d’appliquer une telle mesure.

Au début novembre, confronté à une pénurie de personnel exacerbée par la pandémie, le CISSSO a commencé à utiliser un arrêté ministériel pour imposer des horaires à temps plein aux infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires de ses deux plus gros hôpitaux.

Avec son «chapeau de représentant de la population», le ministre Lacombe affirme être sensible aux doléances des employés concernés. «Les infirmières sont “à boutte”, comme on dit en bon québécois, et l’ensemble du personnel du réseau de la santé en Outaouais aussi, donc je les comprends, dit-il. Par contre, je comprends aussi la direction du CISSSO, qui doit continuer d’offrir des soins pour les gens qui nous lisent en ce moment puissent aller à l’urgence et subir les interventions qu’ils ont besoin de subir. […] Ce n’est pas une situation qui est idéale, c’est clair, mais je pense que devant chaque défi, il faut choisir la moins pire des solutions.»

M. Lacombe souligne qu’il y a eu «des enjeux en santé» pour affronter la pandémie de COVID-19  partout au Québec en raison de la pénurie de personnel, mais que l’Outaouais «partait peut-être avec une prise parce qu’on avait déjà un réseau qui était très fragile». «Même si le réseau est aussi fragile ailleurs au Québec, je pense qu’on avait peut-être une couche supplémentaire au défi qu’on avait à relever en Outaouais», a-t-il mentionné.


« Ce n’est pas une situation qui est idéale, c’est clair, mais je pense que devant chaque défi, il faut choisir la moins pire des solutions. »
Mathieu Lacombe, ministre responsable de l'Outaouais

Primes

La question revient souvent: à quand les primes promises par la CAQ pour les infirmières de l’Outaouais afin d’accroître le recrutement et la rétention, tout en rendant moins alléchantes les conditions offertes sur la rive ontarienne?

La réponse est la même depuis des mois: des négociations sont en cours avec les infirmières à l’échelle provinciale. «Il faut faire les choses dans l’ordre et les gens — je le dis depuis le début de mon mandat — pourront nous juger après les quatre ans pour voir si on a livré ce qu’on avait dit qu’on livrerait», plaide le ministre.

M. Lacombe assure que la CAQ «va livrer» sa promesse pour les primes, tout en soulignant qu’il ne s’agit pas de la seule solution. L’environnement de travail pèse aussi — «le nouvel hôpital qu’on a annoncé va venir aider à ce niveau-là» —, tout comme les ratios infirmières/patients et l’organisation des soins, expose-t-il.

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