Les taux d’occupation élevés dans les urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau ne semblent pas se résorber, bien au contraire.

Engorgement dans les urgences à Gatineau: jusqu’à 186 % de leur capacité

L’urgence de l’Hôpital de Gatineau comptait jeudi matin 52 patients sur civière, soit près du double de sa capacité normale. Pendant ce temps, pas moins de 27 lits sur les unités de soins de l’établissement étaient occupés par des usagers en attente d’une place dans une ressource mieux adaptée à leurs besoins.

Les taux d’occupation élevés ne semblent pas vouloir disparaître des urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau. Avec 52 patients sur civière dans une urgence qui n’en compte techniquement que 28, le taux d’occupation atteignait 186 %, jeudi matin, à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau.

Sur la cinquantaine de patients alités sur une civière, dix attendaient d’être pris en charge. Alors que la cible pour la durée moyenne de séjour à l’urgence est de 12 heures, on y comptait 18 patients sur civière depuis plus de 24 heures, dont quatre depuis plus de 48 heures.

Au Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, le président par intérim, Patrick Guay, a fait savoir qu’il manquait une infirmière pour la section des patients ambulatoires. « C’est lourd », a-t-il mentionné.

À l’Hôpital de Hull, le taux d’occupation au même moment était de 156 %, avec 39 patients sur civière dans une urgence qui n’en a, en théorie, que 25. On y comptait 19 patients occupant une civière depuis plus de 24 heures, dont huit depuis plus de 48 heures.

En attente d’hospitalisation

Ces forts taux d’occupation dans les deux plus grosses urgences du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) peuvent entre autres s’expliquer par la congestion observée sur les différentes unités de soins.

Les données obtenues par Le Droit auprès du CISSSO montrent que pour les deux hôpitaux, on comptait jeudi un total de 41 patients occupant un lit de courte durée alors qu’ils attendaient qu’une place se libère pour eux dans un autre type de ressource, comme un centre d’hébergement ou une maison de soins palliatifs.

Ces « usagers requérant un niveau de soins alternatif », comme on les appelle dans le jargon du milieu, se retrouvent donc sur des lits qui, autrement, pourraient servir à accueillir des patients en provenance de l’urgence. On retrouvait d’ailleurs 19 patients en attente d’hospitalisation jeudi matin à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, soit un peu plus du tiers du nombre total d’usagers sur civière.

À l’urgence de l’Hôpital de Hull, il y avait 21 patients en attente d’hospitalisation, soit plus du double du nombre total de civières occupées. Pendant que ces 21 patients attendaient qu’une place se libère pour eux sur une unité de soins, il y avait tout autant de lits « non disponibles » dans l’hôpital.

Depuis le mois de juin, l’Hôpital du boulevard Lionel-Émond doit fonctionner avec un nombre variable de lits inaccessibles sur ses différentes unités de soins, une situation qui découle directement du manque de personnel infirmier.

Dans les autres urgences en milieu hospitalier de la région, le taux d’occupation variait jeudi matin entre 50 % à l’Hôpital de Maniwaki et 133 % à l’Hôpital de Papineau.