Le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, accompagné du président de l’AMOOQ, le Dr Marcel Guilbault, lors d'une mêlée de presse vendredi à Gatineau.

Encore une pénurie de médecins de famille en Outaouais

Même si le taux d’inscription à un médecin de famille s’est beaucoup amélioré ces dernières années en Outaouais, la pénurie qui persiste empêche de répondre aux besoins de la population. Une situation qui risque de s’empirer si le gouvernement ne prévoit pas d’effectifs supplémentaires pour le nouvel hôpital promis par la Coalition avenir Québec (CAQ), estime la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

De passage à Gatineau vendredi dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de l’Association des médecins omnipraticiens de l’ouest du Québec (AMOOQ), le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, a tenu à saluer les efforts faits dans la région pour accroître le nombre de patients ayant un médecin de famille.

«Au cours des cinq dernières années, c’est plus de 80 000 personnes qui ont maintenant un médecin de famille en Outaouais, ce qui est vraiment remarquable quand tu tiens compte de la situation des effectifs», a-t-il mentionné.

En 2014, à peine 60,8% des résidents de la région avaient un médecin de famille. Cette proportion atteint maintenant 82,5%, ce qui place l’Outaouais légèrement au-dessus de la moyenne provinciale, qui s’établit à 81%.

En fonction des données gouvernementales, il manquerait environ 25 médecins de famille en Outaouais. Le président de l’AMOOQ, le Dr Marcel Guilbault, estime toutefois que les besoins sont plus grands. Selon lui, il manque plutôt «une cinquantaine ou une soixantaine» d’omnipraticiens afin de répondre aux besoins dans les cliniques, mais aussi dans les hôpitaux et dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée.

Dans la mesure où la CAQ a promis d’ajouter 170 lits de courte durée en Outaouais d’ici 2023 en construisant un nouvel hôpital ou en agrandissant l’un de ceux qui existent déjà, la FMOQ juge que le gouvernement devra agir pour ne pas se retrouver avec une pénurie encore plus criante d’omnipraticiens.

«Ça va prendre des médecins de famille pour faire fonctionner la salle d’urgence et ça va prendre des médecins de famille pour faire une certaine partie de l’hospitalisation et c’est sûr que c’est une pression supplémentaire sur les effectifs, souligne le Dr Godin. On ne pourra pas penser construire une nouvelle installation comme ça sans prévoir un ajout d’effectifs, [...] parce que c’est sûr que tu ne pourras pas offrir le service nécessaire dans cet établissement-là avec les effectifs que tu as actuellement, alors que tu es déjà en pénurie. C’est sûr qu’il faut que tu prévoies ça dans les années qui précèdent.»

Le Dr Guilbault note que l’ouverture de la faculté satellite de médecine de l’Université McGill à Gatineau, l’an prochain, va permettre d’accroître le recrutement de médecins. Il faudra toutefois attendre que les étudiants aient terminé leur parcours en médecine avant d’en voir les résultats.

Le président de l’AMOOQ a indiqué que la région a réussi à pourvoir 22 des 23 postes en médecine familiale octroyés à l’Outaouais par le ministère de la Santé pour 2019. Les plans régionaux d’effectifs médicaux prévoient 23 nouveaux postes dans la région l’an prochain, en plus d’un poste universitaire, a fait savoir le Dr Guilbault.

«Je pense que proportionnellement à la population, on a un bon nombre de postes, dit-il. Le défi, c’est de les remplir.»

La FMOQ espère notamment que le gouvernement augmentera les ressources pouvant «épauler» les médecins en cabinet, par exemple avec l’ajout d’infirmières ou de nutritionnistes.

Le Dr Godin affirme qu’il y a un climat de «collaboration» avec la ministre de la Santé, Danielle McCann. «Il reste quand même des défis, souligne-t-il. La ministre nous a dit régulièrement ‘je vais soutenir plus les médecins de famille, je vais leur donner de l’aide’, mais encore faut-il que cette aide-là soit disponible.»