Près de 1000 usagers du réseau de la santé sont actuellement hébergés pour le compte du CISSSO dans des résidences privées de la région.

Employé réprimandé: «totalement inadmissible»

« On sert effectivement beaucoup trop de patates pilées dans cette résidence privée », a admis le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) lorsque mis au fait par Le Droit des cas de Joël Bellehumeur et Camille Lefebvre.
Quant à la suggestion faite à M. Bellehumeur de porter une culotte d'incontinence afin d'éviter d'attendre qu'un préposer se libère pour l'aider à aller aux toilettes, « c'est totalement inadmissible », lance Judith Daoust, directrice du programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées au CISSSO. 
La direction du CISSSO affirme ne pas avoir perdu de temps avant de rappeler à l'ordre la résidence privée qui héberge le jeune homme et la jeune femme pour le compte du réseau public de santé. La situation décrite par M. Bellehumeur ne serait pas généralisée dans la résidence, mais ne tiendrait qu'aux propos d'un employé qui, dit-on, a « manqué de jugement » et aurait depuis été réprimandé. 
Un autre féculent que les patates devrait être ajouté au menu. Quant aux horaires pour les bains, le CISSSO assure que la résidence privée va faire des efforts pour s'adapter aux préférences des usagers.
Pourtant, le contrat signé entre le CISSSO et cette résidence comporte des clauses qui auraient dû empêcher un tel glissement dans la qualité des soins et des services rendus.
« Avant de confier des usagers à des ressources intermédiaires privées, nous faisons des appels d'offres et les entreprises doivent répondre à certains critères très précis, explique Mme Daoust. Une fois que nous avons fait notre choix, nous faisons signer un contrat à l'entreprise. Les usagers sont confiés à l'entreprise privée avec un plan d'intervention précis et des consignes à respecter sur les besoins de chaque personne. Les préposés aux bénéficiaires sont à l'emploi de l'entreprise, mais nous avons la responsabilité de nous assurer de la qualité des services. »
Visite « moins » surprise
Comme pour les Centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD), les résidences privées sont susceptibles de recevoir la visite surprise d'un inspecteur du ministère. « Dans le cas des résidences privées, c'est un peu moins une surprise par contre, signale Mme Daoust. Contrairement aux CHSLD, les résidences privées reçoivent un avis 24 heures à l'avance. » 
Mme Daoust précise que tout usager qui vit de l'insatisfaction quant à la qualité des soins qu'il reçoit dans une ressource intermédiaire liée au réseau public par contrat doit immédiatement en aviser l'intervenant responsable du CISSSO. « Nous allons faire le suivi et enquêter au besoin s'il le faut, assure Mme Daoust. On va analyser la situation et contacter la direction de l'établissement concerné. »
Près de 1000 usagers du réseau de la santé sont actuellement hébergés pour le compte du CISSSO dans des résidences privées de la région.