La directrice des ressources humaines, des affaires juridiques et des communications du CISSSO, Johanne Robertson

Dix fois moins de conventions à gérer

Quarante-deux conventions collectives dictent en ce moment les conditions de travail des 9035 syndiqués du réseau de la santé en Outaouais, un casse-tête de gestion des ressources humaines qui tire à sa fin.
Depuis l'automne dernier, les organisations syndicales courtisent les travailleurs, car au mois d'avril, il ne restera plus qu'un maximum de quatre unités, avec lesquelles devra s'amorcer un processus de négociation où l'un des principaux enjeux sera la mobilité de la main-d'oeuvre au sein d'un territoire régional qui s'étale sur plus de 30 000 kilomètres carrés.
La directrice des ressources humaines, des affaires juridiques et des communications du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), Johanne Robertson, jongle depuis près de deux ans avec les 42 contrats de travail en vigueur dans le réseau régional. Avec son équipe de plus d'une centaine de personnes, elle a des milliers de griefs actifs à gérer.
Alors que le CISSSO fêtera ses deux ans le 1er avril prochain, une petite révolution se prépare dans le monde syndical du réseau de la santé, et ce aux quatre coins du Québec.
Une vaste opération de maraudage s'est mise en branle en novembre dernier. La période de votation s'est ouverte le 30 janvier, et se poursuit jusqu'au 24 février. Les résultats ne seront connus qu'au début avril.
Pour Johanne Robertson, cette réorganisation viendra faciliter la gestion des relations de travail. « On est très conscient que les syndicats actuellement voudraient qu'on soit plus présents, qu'on ait plus de comités de relations de travail avec eux, plus de comités de griefs, dit-elle. [...] Il y a 24 heures dans une journée, c'est difficile de pouvoir être aussi présent (qu'auparavant). »
Aucun changement immédiat ne sera toutefois appliqué dans les conditions de travail. Même s'il y aura beaucoup moins de vis-à-vis syndicaux, les 42 conventions collectives actuelles continueront de s'appliquer, car le CISSSO aura 18 mois pour négocier les aspects locaux avec les nouvelles unités, précise Mme Robertson.
Au coeur des négociations se retrouvera la question de la mobilité de la main-d'oeuvre sur le territoire. Johanne Robertson ne cache pas qu'une plus grande latitude est souhaitée pour déplacer des travailleurs d'un site à un autre en cas de besoin, mais assure que le CISSSO veut être « logique » en restant « raisonnable » dans ses demandes.
Le CISSSO se dit « prêt » pour se lancer dans les négociations à venir. « On a pas mal une bonne idée des enjeux, on sait où on s'en va par rapport à ça », souligne Mme Robertson. Cette dernière attend maintenant de savoir si les syndicats « auront la volonté de négocier ou s'ils vont préférer d'emblée aller vers un médiateur ».