À l’heure actuelle, il en coûte jusqu’à 15$ par jour pour garer son véhicule dans le stationnement des hôpitaux de Gatineau et Hull.

Diminution et statu quo des tarifs des stationnements du CISSSO

La Fondation Santé Gatineau (FSG) obéira aux demandes de Québec en modifiant d’ici juin 2020 la grille tarifaire des stationnements des installations du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

L’organisation ignore toutefois à combien s’élèvera la compensation financière qui lui sera versée par le gouvernement pour le manque à gagner qui découlera de ces changements. D’autres discussions doivent avoir lieu dans les semaines à venir pour éclaircir la situation.

«On est un peu dans le néant par rapport à l’enveloppe, la part du gâteau que recevra l’Outaouais. C’est clair que les modifications seront apportées avant le 20 juin [date butoir fixée par Québec], mais reste à voir quel impact financier ça aura dans la région», affirme le directeur général de la FSG, Jean Pigeon, évaluant la somme à quelques millions $.

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a annoncé dimanche qu’à compter du printemps 2020, le tarif journalier maximal des stationnements sera fixé entre 7 $ et 10 $ et les deux premières heures seront gratuites en tout temps dans l’ensemble des hôpitaux, CLSC, CHSLD et autres installations publiques de la province. Pour la première année, le gouvernement octroiera jusqu’à 120 millions $ aux établissements pour compenser la diminution des revenus.

La FSG n’a pas été prise au dépourvu par cette mesure gouvernementale, tient à préciser M. Pigeon.

«On l’a vu venir, ça fait des années que ça se discute. C’est une promesse que plusieurs partis ont faite et on savait que c’était fort probable que ça se concrétise. On travaillait déjà sur plusieurs scénarios de pair avec le CISSSO», dit-il.

À l’heure actuelle, il en coûte jusqu’à 15$ par jour pour garer son véhicule dans le stationnement des hôpitaux de Gatineau et Hull, tandis que le tarif quotidien maximal s’élève à 9$ pour les CLSC situés en milieu urbain ou à l’hôpital Pierre-Janet, par exemple. Aux hôpitaux de Wakefield et Maniwaki, ce coût est fixé à 4$. Dans tous les cas, la gratuité s’applique pour les 30 premières minutes. Aux hôpitaux de Papineau et du Pontiac, le stationnement est gratuit en tout temps, qu’importe la durée de la visite.

Pour l’Outaouais, les nouvelles restrictions imposées par Québec occasionneront donc des changements majoritairement en zone urbaine.

«Ça aura un gros impact pour nous, entre autres quand on pense au tarif de 15$. Ce n’est pas clair encore quel sera le tarif exact [entre 7 et 10$] et si ça variera selon le secteur. Mais naturellement, peu importe la modulation, il y a aura une perte de revenus. Pour nous, le système de stationnement a toujours été de l’autofinancement. Il y a les frais de déneigement, d’entretien, pour l’asphalte, les lampadaires, etc. Tout s’autofinance et une fois les frais payés, on retourne l’excédent au CISSSO, pour son budget d’opération. [...] Le soulagement que l’on a, c’est la compensation, car sans elle, on serait désolé de dire qu’on n’y arriverait pas. On parle de milliers d’espaces de stationnement, c’est plus gros que tous les centres commerciaux de la région ce qu’on a à gérer», note Jean Pigeon.

Ce dernier tient à souligner que l’impact de ces changements sera «plus facile à gérer» en Outaouais que dans certaines autres régions puisque la tarification était déjà «avant-gardiste» sur certains aspects.

Par exemple, Québec instaure la gratuité pour le stationnement pour deux proches de chaque personne hébergée dans un CHSLD, une modalité qui était déjà offerte en Outaouais, et ce pour trois personnes de l’entourage des bénéficiaires d’un CHSLD ou encore d’une unité de soin de longue durée dans les hôpitaux.

Les tarifs spéciaux accordés aux usagers qui doivent recevoir des traitements sur une base régulière (hémodialyse, chimiothérapie, etc.), que Québec souhaite uniformiser, existent aussi déjà dans la région.

Soulignant au passage que l’alternative du transport en commun est loin d’être parfaite pour desservir les hôpitaux, M. Pigeon prédit que la nouvelle période de gratuité (deux heures) va inciter encore plus de gens à utiliser leur véhicule.

«C’est clair que les stationnements vont être surchargés, notre travail va être encore plus grand. Il y a aussi des sites où il n’y a pas de guérite, où c’est plus difficile à gérer. Il faudra garder l’oeil ouvert, par exemple au CLSC Saint-Rédempteur, qui est aux abords d’édifices fédéraux. Des fonctionnaires qui paient 150 ou 200$ par mois pour leur stationnement pourraient être tentés de stationner chez nous pour une période de deux heures», dit-il.

En milieu urbain, on compte respectivement 223 et 158 espaces de stationnement pour les visiteurs aux hôpitaux de Gatineau et de Hull. Le taux d’occupation frôle régulièrement les 100%, dit-on.

Pour l’exercice financier clos le 31 mars dernier, la FSG a engrangé des revenus de 4 649 000$ avec la tarification du stationnement. De cette somme, 3 185 000$ ont été utilisés pour les dépenses et 1 464 000$ en excédent a été remis au CISSSO.