Deux sit-in à l'urgence de l'Hôpital de Gatineau

Après un premier sit-in de cinq heures dans la nuit de lundi à mardi, des infirmières de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau ont refusé de commencer leur quart de travail de mardi soir, estimant ne pas être assez nombreuses pour offrir des soins de qualité aux dizaines de patients qui s’y trouvaient sur des civières.

Déjà en pleine tourmente en raison du sit-in survenu dans la nuit de lundi à mardi, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a dû faire face à un scénario similaire, mardi après-midi. Il manquait alors cinq professionnelles en soins pour le quart de  travail débutant à 16 h.

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) a pu rencontrer la haute direction du CISSSO peu de temps après le début de ce deuxième sit-in, qui a pris fin vers 19 h. Le président par intérim du SPSO, Patrick Guay, a indiqué au Droit que la rencontre a été « positive » et que des pistes de solutions intéressantes sont sur la table.

M. Guay a également fait savoir qu’afin d’alléger la pression après le sit-in, les ambulances transportant des patients ne nécessitant pas de soins spécialisés offerts uniquement à l’Hôpital de Gatineau ont été « détournées vers l’Hôpital de Papineau jusqu’à 23 h », mardi.

Une autre rencontre avec les dirigeants du CISSSO, cette fois en présence de conciliatrices du Tribunal administratif du Travail (TAT), doit avoir lieu mercredi après-midi.

Sur papier, l’urgence de l’Hôpital de Gatineau compte 28 civières. Dans la nuit de lundi à mardi, il y a eu jusqu’à 52 patients sur des civières — un taux d’occupation de 186 %. Mardi soir, ce taux était encore élevé, à 171 %.

Une infirmière s’est confiée au Droit, sous le couvert de l’anonymat, sur le déroulement du sit-in de la nuit de lundi à mardi. « La majorité des filles de soir étaient déjà en quart de 12 heures ou de 16 heures et ne pouvaient pas rester pour un autre quart complet, mais nous, on n’était pas assez pour assurer la qualité de soins [pendant la nuit], raconte-t-elle. Il y avait 52 patients couchés partout dans l’urgence, il n’y avait pas de civières physiques pour tout le monde. »

Deux des cinq infirmières « ciblées » pour rester sur une base obligatoire « étaient complètement inaptes » et sont parties, poursuit-elle.

Les infirmières du quart de nuit ont pris la relève aux environs de 4 h 30, pour accorder du répit à leurs collègues de soir qui étaient toujours en poste. « L’employeur n’a pas de solution à court terme », dénonce l’infirmière à qui nous avons parlé.

Pas de renfort

Au SPSO, Patrick Guay a indiqué avoir demandé que des cadres soient appelés en renfort. « Mais ils ne sont pas rentrés », déplore-t-il.

Le SPSO, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), a aussi dénoncé la situation sur sa page Facebook.

« Cette situation est survenue 12 heures après la manifestation et la visite de la présidente de la FIQ Nancy Bédard pour dénoncer la situation [...], y est-il écrit. Nous avons même reçu un appel des services essentiels à la suite d’une plainte de l’employeur pour le sit-in. »

Le CISSSO a indiqué, dans une brève réponse écrite, que les services ont « été maintenus » malgré le sit-in. Le TAT confirme pour sa part être intervenu « auprès des parties » aux environs de 3 h. « Vers la fin de la nuit, vers 5 h du matin, nous avons eu l’assurance que les services allaient être offerts aux usagers », a indiqué la porte-parole du TAT, Céline Jacob.