«On pense que ces gens-là devraient avoir la formation adéquate pour prodiguer ces soins», estime le syndicaliste Christian Meilleur.

Des syndicats craignent pour la qualité des soins à domicile

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) en Outaouais craint qu'une multiplication des contrats entre les centres de santé de la région et les entreprises d'économie sociale nuise à la qualité des soins à domicile et ouvre la porte au secteur privé.
Une poignée de représentants du syndicat affilié à la CSN a occupé les devants de l'hôpital de Papineau, vendredi matin, dans le cadre de la campagne nationale sur la pérennité du réseau et de la Journée des auxiliaires aux services de santé et sociaux.
Le vice-président de la FSSS-CSN en Outaouais, Christian Meilleur, s'inquiète des ententes conclues dans la région entre des établissements et des entreprises privées dans le but de prodiguer des soins à domicile.
À titre d'exemple, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Papineau fait appel depuis quelques mois à la Coop des 1001 corvées pour la préparation des repas, l'épicerie et le ménage des patients situés sur son territoire. Les autres CSSS de l'Outaouais disposent aussi de ce genre d'arrangement avec des organismes de leur milieu. Ces partenariats s'inscrivent dans le virage amorcé l'an passé par le gouvernement du Parti québécois pour l'amélioration des soins à domicile.
«Nous sommes inquiets, parce qu'il y a plusieurs entreprises d'économie sociale qui commencent à prendre des contrats de soins. On pense que ces gens-là devraient avoir la formation adéquate pour prodiguer ces soins et être en mesure de répondre aux exigences du ministère. Ce qu'on veut lancer comme message, c'est que ce n'est peut-être pas la bonne tangente que devraient prendre nos services», a indiqué M. Meilleur.
Selon ce dernier, les auxiliaires sont les mieux placés pour servir la population, puisque ces personnes sont formées pour prendre en charge les bénéficiaires. On compte 200 de ces professionnels sur tout le territoire de l'Outaouais, de Maniwaki jusqu'à la Petite-Nation.
Le directeur général du CSSS de Papineau, Pierre Gagnon, ne croit pas que cette façon de faire soit nuisible pour la clientèle et les employés du réseau public. Le virage pris par Québec en 2013 propose que les centres de santé du Québec fassent de plus en plus appel au milieu communautaire pour répondre aux besoins de la population.
Un budget de 500000$ a été octroyé à cet égard au CSSS de Papineau l'an dernier, rappelle-t-il. De cette enveloppe, 400000$ ont été utilisés pour l'embauche de quatre nouvelles auxiliaires familiales. Le contrat signé avec la Coop des 1001 corvées, qui se chiffre à 60000$, prévoit que l'entreprise doit offrir un rendement de 2000 heures. Afin de s'assurer que l'organisme remplisse ses obligations, un sondage de satisfaction à l'intention des bénéficiaires a été préparé par le centre de santé.
«On ne le voit pas comme étant un danger, mais plutôt comme étant un complément. Il n'y a pas de risque si c'est bien fait et bien dosé. En plus, nous nous sommes donné des mécanismes pour s'assurer de la qualité des services et si celle-ci n'est pas là, on agira en conséquence», a souligné M. Gagnon.