Le pdg du CISSSO, Jean Hébert, la députée de Hull, Maryse Gaudreault ainsi que Michel Kasongo et Paul Surprenant, de la Soupe populaire, ont inauguré la clinique dentaire de l’organisme.

Des soins dentaires à la Soupe populaire

« Moi, j’ai déjà vu du monde s’arracher eux-mêmes les dents ici, sur le terrain de la Soupe populaire de Hull. »

Le directeur général de la Soupe populaire de Hull, Michel Kasongo, a rapidement compris que le besoin pour des services dentaires communautaires était bien présent en Outaouais.

C’est dans ce contexte que depuis le 5 octobre dernier, les sans-abri de la région ont accès à un nouveau service, à même les locaux de la Soupe populaire de Hull, à l’angle du boulevard des Allumettières et de la rue Saint-Rédempteur.

La députée de Hull, Maryse Gaudreault, a annoncé jeudi que Québec avait octroyé un montant de 350 000 $ au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) pour la mise sur pied de cette clinique dentaire communautaire, ouverte six jours par mois. Cette enveloppe a notamment permis d’acheter l’équipement nécessaire, tout en servant à rémunérer, à taux horaire, les dentistes qui y travaillent. Outre les examens dentaires, les patients peuvent y obtenir des radiographies, recevoir des prothèses ou y subir des extractions.

Le grand patron du CISSSO, Jean Hébert, a indiqué que cette clinique « unique au Québec » a déjà enregistré près de 260 visites de 80 personnes différentes.

M. Hébert a précisé que les personnes vulnérables vivant ailleurs sur le territoire de la région peuvent aussi avoir accès aux services de la clinique dentaire communautaire, le réseau de la santé étant en mesure de leur fournir du transport.

Pour Michel Kasongo, la clinique dentaire communautaire représente « un grand cadeau », car les personnes qui se résignaient à s’arracher elles-mêmes les dents « avec des pinces » vivaient un réel « calvaire », a-t-il mentionné.

Jean Hébert note que même si la Régie de l’assurance maladie du Québec couvre certains soins dentaires en cabinet pour les prestataires de l’aide sociale, très peu d’itinérants s’en prévalent.

« Les gens en itinérance ou à risque d’itinérance ne vont pas dans ces services-là même s’ils sont offerts, a-t-il expliqué. Des fois, ils n’ont pas leur carte d’assurance maladie ou n’ont pas d’adresse fixe, donc le projet, justement, permet une identification. Même si tu n’as pas ta carte, tu vas avoir droit au service. »

La clinique dentaire communautaire vient aussi jouer un rôle de prévention, a fait valoir M. Hébert, car les interventions qui s’y déroulent peuvent empêcher la dégradation de leur état et ainsi éviter des traitements plus complexes et plus coûteux.

Le projet pilote s’échelonnera sur cinq ans, mais la possibilité de lui octroyer un caractère permanent est déjà envisagée. « Il y a un réel besoin, reconnaît M. Hébert. Donc il va falloir qu’on s’assure qu’on soit capable de répondre à ce besoin-là maintenant, mais dans le futur également. »