Les patients de l'Outaouais éprouvant des problèmes de santé mentale demeurent alités dans leur civière plus longtemps que ceux qui ont des ennuis de santé physique.

Des séjours plus longs en santé mentale

Les patients de l’Outaouais qui se retrouvent sur une civière à l’urgence pour des problèmes de santé mentale y restent généralement alités plus longtemps que s’ils éprouvaient des ennuis de santé physique.

Des données obtenues par Le Droit en vertu d’une demande d’accès à l’information montrent qu’en 2017-2018, la durée moyenne des séjours sur civière à l’urgence des patients qui s’y présentent pour des problèmes de santé mentale s’est établie à 21,3 heures en Outaouais. C’est quatre heures et demie de plus que la durée moyenne de séjour générale, qui englobe tant les cas de santé mentale que les cas de santé physique.

Pour les patients dont l’état nécessite une hospitalisation, le séjour à l’urgence des cas de santé mentale dure en moyenne 27,3 heures, ce qui est aussi plus long que la moyenne générale de 24,7 heures pour tous les cas requérant un transfert sur une unité de soins.

En comparaison avec les deux années précédentes, la situation s’est tout de même améliorée, en général, pour les séjours de patients éprouvant des problèmes de santé mentale dans les urgences du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

Des gains ont été observés dans la durée moyenne de séjour à l’urgence de patients consultant pour des troubles de santé mentale, qu’ils soient hospitalisés ou non par la suite.

L’Hôpital de Hull est celui qui fait moins bonne figure. Pour les cas de santé mentale vus à l’urgence qui nécessitent une hospitalisation, la durée moyenne de séjour y a atteint 34,2 heures en 2017-2018. Il s’agit quand même d’une amélioration substantielle par rapport aux moyennes de 50,7 et 43,2 heures enregistrées respectivement en 2015-2016 et en 2016-2017.

À l’Hôpital de Gatineau, qui reçoit près de la moitié des cas de santé mentale vus dans l’ensemble des urgences de la région, les patients y ont séjourné en moyenne 30,4 heures, en 2017-2018, avant leur admission sur une unité de soins.

C’est également à l’Hôpital de Gatineau que la proportion de séjours sur civière de 48 heures et plus est la plus élevée. En 2017-2018, 12 % des séjours sur civière en santé mentale y ont duré plus de deux jours complets. Pour l’ensemble de la région, ce taux s’est établi à 9 %.

Le directeur des programmes en santé mentale et dépendance du CISSSO, Alain Godmaire, attribue les améliorations observées à divers investissements ayant entre autres permis « le rehaussement des équipes de soutien dans la communauté » et l’ouverture de places d’hébergement. « Ça nous a permis de sortir des gens qui étaient en hospitalisation », souligne-t-il en reconnaissant qu’il y a encore du travail à faire pour diminuer la longueur des séjours en santé mentale à l’urgence.

Des efforts ont aussi été réalisés pour essayer de mieux servir les « grands utilisateurs » des urgences, non pas « dans la perspective qu’il faut sortir les gens de l’urgence », mais plutôt « parce que s’ils sont à l’urgence, c’est parce que [l’organisation] n’a pas réussi à leur offrir le service auquel ils s’attendaient dans la communauté », explique M. Godmaire. Des démarches sont par ailleurs en cours pour identifier les facteurs pouvant expliquer que le taux de consultations en psychiatrie est plus élevé en Outaouais qu’ailleurs au Québec, a-t-il ajouté.