La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, Lyne Plante, a fait état de l’essoufflement du personnel infirmier.

Des professionnelles «à bout de souffle»

Les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Outaouais se disent « à bout de souffle » et réclament des « ratios sécuritaires », jugeant que la santé de la population « est à haut risque et en danger » dans les conditions actuelles.

Une quinzaine de membres du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) se sont présentés à la réunion du conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), jeudi soir, pour remettre des « cartes de souhaits » pour l’année à venir.

« Je veux donner des soins de qualité, je veux donner des soins sécuritaires, je veux pouvoir concilier travail et famille, je veux de la stabilité », pouvait-on entre autres lire dans ces cartes, signées par des syndiquées d’un peu partout dans la région.

La présidente du SPSO, Lyne Plante, a aussi remis à chaque administrateur du CISSSO un exemplaire du Livre noir de la sécurité des soins, un document de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec qui rapporte notamment que 1326 incidents ou accidents sont rapportés chaque jour dans les milieux de soins au Québec. Se basant sur les expériences vécues par les professionnelles, le SPSO réclame donc de meilleurs ratios patients/infirmière.

Mme Plante a également dénoncé que depuis le début de l’année 2018, le recours au temps supplémentaire obligatoire a déjà été observé à « au moins 25 » reprises. « Les professionnelles en soins se sentent prises en otage », a-t-elle mentionné.

Faculté satellite

La rencontre du conseil d’administration du CISSSO a par ailleurs permis d’obtenir un bilan des travaux devant mener à l’implantation d’une faculté satellite de médecine en Outaouais.

Selon les informations présentées, la progression du dossier se fait dans le cadre budgétaire prévu, tandis que l’échéancier prévoyant l’arrivée d’une première cohorte à l’automne 2020 demeure inchangé. Le projet en est rendu à l’étape des plans et devis.

Le Dr Gilles Brousseau, vice-doyen adjoint à l’enseignement de la médecine de l’Université McGill pour l’Outaouais, a aussi fait savoir que le plan de francisation du programme « devrait être réalisé pour 2020 ». Lors de l’annonce de la création de la faculté, il était estimé que 92 % de la formation totale se ferait en français, une proportion qui baissait à environ 50 % pour les 18 premiers mois. Le Dr Brousseau affirme maintenant qu’il est prévu d’offrir le programme « complètement en français ». Le recours à des visioconférences avec des professeurs de McGill ne sera qu’un « plan B », par exemple si un professeur est absent, a fait savoir le Dr Brousseau.

La faculté satellite, qui s’installera au-dessus de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, devrait donc accueillir ses 24 premiers étudiants en septembre 2020, dans le but de leur offrir une formation prédoctorale complète de quatre ans.

Le Campus santé Outaouais permettra aussi d’augmenter le nombre de places pour les résidents en médecine familiale. En 2020, la région prévoit accueillir 18 résidents en première année de résidence, alors qu’il n’y en a actuellement que 12. Une hausse identique est prévue pour la deuxième année de résidence en médecine familiale.

31 patients ont reçu l’aide médicale à mourir depuis l'entrée en vigueur de la loi

Trente-et-une des 47 personnes de l’Outaouais ayant demandé l’aide médicale à mourir depuis sa légalisation y ont eu accès.

Selon les données présentées jeudi soir lors de la rencontre du conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSSO), 12 personnes ont demandé l’aide médicale à mourir dans la région, entre le 10 juin et le 9 décembre 2017. L’une de ces personnes est décédée avant d’avoir pu y avoir accès, tandis qu’une autre ne répondait pas aux critères d’admissibilité. L’aide médicale à mourir a donc pu être administrée aux dix autres personnes.

Entrée en vigueur le 10 décembre 2015, la Loi concernant les soins de fin de vie aura au total mené à l’administration de l’aide médicale à mourir pour 31 personnes en deux ans en Outaouais, sur un total de  47 demandes. Le directeur des services professionnels du CISSSO, le Dr Guy Morissette, a confié qu’avant l’entrée en vigueur de la loi, il anticipait que le nombre de demandes serait moindre.

« J’estimais qu’il y aurait une demande par mois en Outaouais, alors quand on regarde les chiffres, il y en a eu plus que ce que j’avais estimé », a-t-il mentionné.

Le Dr Morissette a également souligné que dans quelques régions, il y a très peu de médecins qui sont prêts à administrer l’aide médicale à mourir, alors qu’il y en a « plusieurs » en Outaouais.

Des sédations palliatives continues ont aussi été administrées à 17 patients de la région, entre le 10 juin et le 9 décembre 2017. Cela porte à 68 le nombre ayant reçu de telles sédations au cours des deux premières années de l’entrée en vigueur de la loi.