Le Dr Alexandre Place, urgentologue et Alexandre Gingras, webmestre.

«Des patchs partout» à travers le CISSSO

Avec son travail d’urgentologue, le Dr Alexandre Place ne prétend pas détenir les solutions pour régler tout ce qui cloche au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO). Il est néanmoins convaincu que les revendications de la population doivent être entendues «à un niveau supérieur», là où se prennent les véritables décisions.

Au cours de sa formation en médecine, le Dr Place a pu voir de l’intérieur comment fonctionne le réseau de la santé dans d’autres régions de la province. La différence est-elle flagrante avec l’Outaouais ? «J’aurais tendance à dire que oui, dit-il. C’est certain qu’on ne fonctionne pas comme un gros centre de Montréal, [mais] j’ai vu des centres périphériques où il y a beaucoup de choses qui marchaient mieux.»

Tout en soulignant qu’il y a tout de même certains éléments qui fonctionnent mieux en Outaouais qu’ailleurs, l’urgentologue note que «les statistiques ne mentent pas par rapport au temps d’attente, au temps pour être admis et pour les gens qui passent du temps sur des civières à l’urgence».

«Pour les [séjours de] 24 ou 48 heures, on est pas mal les champions de façon constante, expose-t-il. C’est un reflet d’un dysfonctionnement plus généralisé.»

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L’urgence faisant partie d’un «engrenage» englobant tous les éléments du système, le travail doit se faire selon une vue d’ensemble, croit l’urgentologue. «On ne peut pas régler le problème en mettant une patch à l’urgence, dit-il. Le problème est tellement systémique, ça prend une vision d’en haut, ça prend un plan maître. Ça prend de l’argent aussi, et une volonté de faire les changements. Il y a des crises ponctuelles et on fait de petites interventions pour patcher. Souvent ça fonctionne, mais là, on a des patchs partout.»

En s’impliquant dans le projet SOS 07, le Dr Place souhaite qu’ultimement, «les citoyens de l’Outaouais obtiennent les services auxquels ils ont droit».

«Il y a des problèmes chroniques qui ne s’améliorent pas, et je pense qu’on est rendu à un point où si on veut vraiment améliorer le système, il faut donner un coup à la machine, il faut un bon plan et une bonne planification stratégique», dit-il.

Le médecin souligne que la mauvaise presse du CISSSO «affecte un peu le moral des troupes», mais croit que cela représente «un symptôme d’un plus grand malaise». «Le fait qu’on soit rendu là, c’est parce qu’il y a plein de petits dysfonctionnements au quotidien qui font en sorte qu’on voit les craques qui commencent à apparaître», illustre-t-il.

«Le fait qu’il y a de la frustration dans la population ou même auprès des soignants, ça nous motive encore plus à faire notre démarche, qui se veut une démarche constructive pour avancer, pour qu’on puisse améliorer les choses», précise-t-il.