Maude Paré a été libérée à temps plein pour aider en CHSLD. Elle travaille au CHSLD de La Petite-Nation.
Maude Paré a été libérée à temps plein pour aider en CHSLD. Elle travaille au CHSLD de La Petite-Nation.

Des paramédics de l’Outaouais prêtés à des CHSLD

Ayant déjà de l’expérience comme préposée aux bénéficiaires, la paramédic Maude Paré n’a pas eu de misère à remarquer les changements imposés par la pandémie lorsqu’elle est débarquée en renfort au Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) La Petite-Nation en pleine éclosion de COVID-19. «Tout est plus lourd, tout est plus long», a-t-elle constaté.

Depuis le 9 mai, Maude Paré est «prêtée» au réseau de la santé par son employeur, la Coopérative des paramédics de l’Outaouais (CPO). Au CHSLD de Saint-André-Avellin, ils sont quatre paramédics à travailler à temps plein, sur des quarts de travail de 12 heures.

La CPO maintient le lien d'emploi et assume la rémunération de ces employés, de sorte que leur aide est sans frais pour le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO). La coopérative a aussi trois paramédics déployés au CHSLD Lionel-Émond. Là-bas, la COVID-19 a infecté une vingtaine de résidents, dont certains qui sont décédés.

À Saint-André-Avellin, Maude Paré enlève un peu de la pression qui repose depuis des semaines sur les épaules du personnel. Dès qu’elle a «mis les pieds dans le bâtiment», elle a senti que son aide était attendue. Elle œuvre comme préposée aux bénéficiaires dans une zone verte, où il n’y a aucun cas confirmé de COVID-19.


« «Les gens ont une fin de semaine sur deux de congé, et ils la rentrent travailler. […] Ils nous disent merci chaque fois qu’on les croise.» »
Maude Paré

Les sept résidents de ce CHSLD ayant contracté la maladie sont d’ailleurs récemment sortis de la zone rouge, après avoir chacun eu deux résultats négatifs au test de dépistage du nouveau coronavirus.

Maude Paré a été libérée à temps plein pour aider en CHSLD. Elle travaille au CHSLD de La Petite-Nation.

Des cas de guérison comme celles-là donnent de l’espoir au personnel. «C’est motivant, surtout qu’on savait que le virus allait toucher beaucoup plus les personnes âgées et que les impacts pouvaient être plus grands vu qu’ils sont affaiblis par l’âge, par les années, souligne Maude Paré. Ils reviennent [en zone verte] et on voit qu’ils n’ont pas perdu de leur joie de vivre, et à la limite ils ont presque plus le goût de profiter de la vie, parce qu’ils ont eu peur.»

Blouse de protection, masque, gants et lunettes restent de mise auprès de ces patients pendant sept jours après leur retour en zone verte, précise Mme Paré. De telles précautions font en sorte que «tout est plus lourd». «Tout est vraiment plus long sur les unités, mais ils n’ont pas plus de personnel qu’avant», fait-elle remarquer.

Forte de son expérience de cinq ans comme préposée aux bénéficiaires dans le Bas-Saint-Laurent et en Outaouais, celle qui est aujourd’hui paramédic peut aider pour de nombreuses tâches comme l’alimentation, la mobilisation ou encore l’hygiène des résidents.

Elle constate que l’épuisement se fait «énormément» sentir chez le personnel du CISSSO qui travaille au CHSLD La Petite-Nation, qui multiplie les heures supplémentaires.

«Ils font des heures à ne plus finir, lance-t-elle. [...] Les gens ont une fin de semaine sur deux de congé, et ils la rentrent travailler. […] Ils nous disent merci chaque fois qu’on les croise.»

Chef aux opérations responsable des communications à la CPO, Marie-Ève Daoust a fait savoir que ce prêt de paramédics au CISSSO doit pour l’instant durer un mois. La situation sera réévaluée au début juin, en fonction des besoins des deux organisations.

Les paramédics qui sont ainsi déployés dans le réseau de la santé doivent porter un masque pendant 14 jours lorsqu’ils reprendront la route à bord d’une ambulance. En cas de symptômes de la COVID-19, ils devront évidemment rester à la maison, a précisé Mme Daoust.