Les mesures mises en place pour désengorger les salles d’urgence de Gatineau ont des impacts «cruels» pour certains patients, selon un syndicat de professionnels de la santé.

Des mesures aux impacts «cruels» selon l’APTS

Les « mesures exceptionnelles » mises en place pour désengorger les urgences urbaines de l’Outaouais peuvent parfois engendrer des « impacts cruels » pour les patients et leurs proches, dénonce l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

La répondante politique de l’APTS en Outaouais, Andrée Poirier, dit avoir été informée par des employés et des citoyens de plusieurs situations où le transfert de patients vers des ressources en zone rurale a été présenté comme une obligation sans droit de refus, ce qui a perturbé des familles.

« On joue avec le sentiment de culpabilité des gens pour essayer de faire changer d’idée les familles, rapporte Mme Poirier. On veut donc rappeler à tout le monde que les transferts doivent se faire sur une base volontaire et qu’il y a un droit de refus. […] Oui, on parle de mesures exceptionnelles, mais pour la clientèle et les familles, il y a parfois des impacts cruels. […] Il faut que ce soit fait dans le respect de l’intégrité du personnel et des patients. »

En raison de l’activité grippale intense qui engorge les urgences urbaines, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) avait annoncé, mercredi, qu’il comptait utiliser toutes les ressources à sa disposition dans la région, notamment les lits disponibles en hébergement ou en milieu hospitalier des périphéries, de Shawville à Maniwaki.

Le grand patron du CISSSO, Jean Hébert, avait précisé mercredi que l’organisation « n’imposera pas » de transferts, et que tout se ferait « avec l’accord de la famille » au terme d’un « dialogue ».

Le CISSSO a indiqué jeudi que les mesures exceptionnelles actuelles nécessitent « des actions rapides ». « Il se peut qu’il y ait eu certaines lacunes dans nos communications internes auprès de nos intervenants, ajoute l’organisation. Nous avons apporté les corrections. »

Le CISSSO souligne vouloir trouver « une solution qui soit acceptable pour tous », et rappelle que les transferts ne sont que « pour une courte période », dans l’objectif de retourner rapidement les patients au lieu de leur choix.

L’APTS affirme pour sa part que certaines familles ont reçu des pressions indues pour accepter un transfert. « Il y en a qui se sont fait dire que si un patient reste ici [à Gatineau], il pourrait contracter l’influenza, affirme Andrée Poirier. Mais ça peut aussi bien s’attraper à Maniwaki. »

Mme Poirier souligne également que pour les personnes âgées ou en perte d’autonomie, un changement de milieu de vie peut causer des « conséquences très importantes sur les pertes cognitives et la désorientation ».

Pendant ce temps, le taux d’occupation des urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau a continué de baisser, jeudi. À 15 h, il s’établissait à 124 % à Hull et à 114 % à Gatineau.