Les délais s'allongent au laboratoire de microbiologie de l'Hôpital de Hull.

Des labos du CISSSO débordés

Près de 3000 résultats de prélèvements seraient en attente d’être analysés au laboratoire de microbiologie de l’Hôpital de Hull en raison des équipes de technologistes incomplètes de l’établissement, lesquelles n’arrivent pas à répondre à la demande. Et cette situation serait comparable à l’Hôpital de Gatineau.

C’est ce qu’avance l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) qui déplore que ce retard accumulé dans les laboratoires des deux centres hospitaliers du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) mette à risque la santé de la population.

De fait, l’association syndicale soutient qu’environ 1500 spécimens de parasites en attente d’une analyse biomédicale se sont accumulés depuis mai 2017, seulement à l’Hôpital de Hull.

À ces échantillons de selles contaminées s’ajoutent 1038 prélèvements pour des maladies transmises sexuellement et 550 spécimens analysés en attente de lecture. Les prélèvements pour les maladies transmises sexuellement remonteraient à janvier 2018, selon l’APTS. Le nombre total d’échantillons en attente de passer sous l’oeil des technologistes médicaux serait similaire au centre hospitalier du secteur Gatineau, confirme la porte-parole régionale du regroupement syndical, Andrée Poirier.

« Ce sont des patients de partout en Outaouais qui attendent leurs résultats et les médecins attendent aussi ces résultats pour émettre un diagnostic. Ces délais sont inacceptables. Si vous êtes contaminé au Giarda, une maladie intestinale à déclaration obligatoire, et que vous attendez votre résultat depuis presque un an, vous souffrez probablement de maux de ventre et avez une perte de poids, mais vous êtes aussi à risque de contaminer. Si vous travaillez dans une garderie, vous pouvez contaminer des milieux complets », explique la porte-parole de l’APTS.

Le syndicat fait porter le blâme de cette situation au CISSSO, reprochant à l’établissement de ne pas combler les congés et absences pour maladie de même que les postes laissés vacants par des départs à la retraite. Mme Poirier affirme que le déploiement de la réorganisation des laboratoires par le biais du projet Optilab entraîne assurément une confusion auprès du CISSSO qui est « probablement en attentes de directives ministérielles » dans ce dossier.

« Les assignations ne sont pas données et les postes ne sont pas dotés. Le problème est majeur et la surcharge de travail est partout. Elle est maintenant dans le laboratoire et on peut la voir parce que les gens attendent. Le CISSSO doit vraiment se pencher sur comment il va doter les postes et remplacer le personnel parce que les gens sont à bout de souffle », clame Mme Poirier.

L’APTS précise avoir été informé de ces retards d’analyse par un médecin qui se disait préoccupé de ne pas pouvoir préciser son diagnostic à l’intérieur d’un délai raisonnable.