La situation au service de radio-oncologie de l’Hôpital de Gatineau est inquiétante, selon un rapport de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Des grands frais pour redresser un «climat de peur» à l’Hôpital de Gatineau

Un contrat d’une valeur de plus de 400 000 $ a été accordé à une radio-oncologue de Laval pour accompagner le service de radio-oncologie de l’Hôpital de Gatineau, où un « climat de peur » avait été observé par une équipe du ministère de la Santé et de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Dans son rapport rendu public l’été dernier, l’équipe du ministère et de la FMSQ ayant visité le service de radio-oncologie du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) formulait 39 recommandations pour y redresser une situation qualifiée de « très préoccupante ».

Tout en évoquant « un climat de peur qui paralyse », un « malaise omniprésent » et une organisation qui a fait preuve d’une « tolérance envers l’inacceptable », le rapport faisait état de « comportements de non-respect et d’intimidation » de la part de radio-oncologues.

Parmi les recommandations formulées se trouvait celle de nommer un spécialiste pour accompagner le service de radio-oncologie du CISSSO et agir comme chef de ce service pour au moins un an.

Neuf mois se sont écoulés entre le dépôt du rapport et l’octroi d’un mandat à une radio-oncologue de Laval, la Dre Marie-Andrée Fortin. Selon le contrat de gré à gré conclu le mois dernier avec une société en nom collectif dont fait partie la Dre Fortin, elle devra fournir un « accompagnement ministériel au sein du programme de cancérologie du CISSSO ».

Le ministère de la Santé a indiqué au Droit qu’elle devra entre autres soutenir « l’actualisation des recommandations » du rapport, conseiller la direction du CISSSO « dans la gouvernance du programme de cancérologie » et soutenir « la révision des processus de travail [et] des trajectoires ».

La Dre Fortin devra aussi participer aux rencontres de suivi du plan d’action convenu entre le ministère et le CISSSO. Elle n’est toutefois pas nommée chef de radio-oncologie par intérim. Son rôle d’accompagnatrice fait en sorte qu’elle agira en appui au chef et à la direction des services professionnels.

Le contrat de deux ans, d’une valeur de 421 920 $, prévoit « un maximum de 1920 heures » dans le cadre d’un mandat à temps partiel, a fait savoir la porte-parole du ministère, Noémie Vanheuverzwijn, en précisant qu’il s’agit d’un « montant maximum ».

Avec une banque de 1920 heures, cela représente 219,75 $ par heure. Le ministère indique que le montant du contrat inclut « des frais de déplacement qui seront remboursés selon la Directive concernant les frais de déplacement des personnes engagées à honoraire », en ajoutant qu’« il est fort probable » que les sommes prévues pour ce mandat ne soient pas toutes utilisées.

Le ministère justifie la procédure de gré à gré en fonction de la « possibilité de démontrer qu’un appel d’offres public ne servirait pas l’intérêt public ». La Dre Fortin a participé à la visite du ministère et de la FMSQ en Outaouais et elle siège à plusieurs comités de la Direction générale de cancérologie, souligne notamment les détails du contrat.

« Elle a une organisation de travail dans son hôpital qui lui permet de se libérer sans affecter l’offre de service à Laval de manière trop importante, est-il ajouté. Trouver un médecin pour ce type de mandat est un défi majeur, la disponibilité de [la] Dre Fortin est une opportunité unique. »