Quinze centres de la petite enfance (CPE) de l’Outaouais ont décidé de soumettre le projet « Patte d’ours polaire », des séances de promenade en raquette, de 45 minutes à la fois, pour 225 enfants de trois à cinq ans en CPE.

Des enfants avec des pattes d'ours

Considérant le fait que quantité d’enfants passent de longues heures chaque jour en service de garde, ce milieu est donc aux premières loges pour l’apport et le déclenchement de saines habitudes de vie chez les tout-petits.

Après avoir entendu parler d’un programme de subventions offert par Kino-Québec, sous la thématique Plaisirs d’hiver, 15 centres de la petite enfance (CPE) de l’Outaouais ont décidé de soumettre le projet « Patte d’ours polaire », des séances de promenade en raquette, de 45 minutes à la fois, pour 225 enfants de trois à cinq ans en CPE.

L’initiative outaouaise, saluée et subventionnée par le gouvernement à travers Kino-Québec, a débuté en février et devrait durer dix semaines, à raison d’une sortie par enfant par semaine.

On vise ainsi à contrer la sédentarité chez les tout-petits, en les initiant à un nouveau sport d’hiver, facile à pratiquer et accessible à tout enfant. Ceux-ci, accompagnés d’animateurs, partent en excursion et profitent de la neige et de l’hiver dans des parcs urbains et espaces verts à proximité. Le programme se veut ludique et non contraignant sur le plan physique: on marche à son rythme en chantant ou en écoutant des histoires racontées par les éducatrices.

Des modèles

Tout cela rejoint aussi parfaitement les objectifs du cadre de référence Gazelle et potiron du ministère de la Famille du Québec qui vise à créer en CPE des environnements favorables à la saine alimentation, au jeu proactif et au développement moteur de l’enfant.

«C’est un peu l’idée du projet Patte d’ours: de montrer aux parents que c’est simple de faire une activité avec les enfants à l’extérieur. T’es pas obligé d’aller faire du ski alpin, faire de la route... Une petite paire de raquettes suffit. Les occasions, faut les créer, les provoquer [...] Les enfants ont toujours le goût de bouger. C’est de convaincre les parents que c’est simple», explique au Droit, Éric Maltais, directeur général du CPE Aux Petits Lurons d’Aylmer, un des initiateurs du projet Patte d’ours polaire. 

Le Dr Jean-Philippe Chaput de l’Université d’Ottawa observe qu’il faut aussi magasiner son CPE car certains d’entre eux ont recours aux tablettes électroniques et à la télévision plutôt qu’aux activités physiques pour occuper les enfants.

M. Chaput semble d’ailleurs avoir littéralement en horreur les écrans dans l’univers de l’enfant. Il suggère leur interdiction complète jusqu’à l’âge deux ans et la limite de 60 minutes par jour d’écran, pour les deux à quatre ans.

«Il y a des études qui montrent qu’il y a des retards de langage et d’apprentissage» chez les enfants qui «sont exposés à (trop de) temps d’écran, même si c’est éducatif.»

À leur plus jeune âge, les enfants sont contrôlés par des adultes. C’est donc aux parents et aux éducateurs d’être de bons modèles, soutient le professeur Chaput.

Enfants de 3 à 5 ans :

  • 1 sur 3: conditionnement physique inadéquat
  • 3 sur 4: trop de temps passé devant des écrans
  • 1 sur 3: à risque d’embonpoint ou déjà obèse.

Source: Portrait annuel 2017 de l’Observatoire des tout-petits (Québec)