Selon le Bureau des coroners de la Colombie-Britannique, 1208 personnes sont mortes de surdose entre janvier et octobre de cette année.

Des distributrices de substituts

La lutte contre la crise des opioïdes pourrait passer par l’installation de distributrices qui offriraient à certains toxicomanes agréés un dérivé de la morphine moins dangereux — et sans fentanyl.

Le docteur Mark Tyndall, directeur du Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique, espère mettre en place en 2018 un mécanisme réglementé où le toxicomane serait évalué et enregistré avant d’obtenir une carte qui lui donnerait accès à des distributrices d’hydromorphone, un analgésique commercialisé sous la marque «Dilaudid».

L’hydromorphone, un dérivé synthétique de la morphine, pourrait d’abord être distribuée dans les centres d’aide aux toxicomanes et dans des sites d’injection supervisée, qui offrent déjà de la méthadone et du suboxone, indique le docteur Tyndall. Mais rien n’empêcherait d’offrir ces substituts dans des distributrices automatiques, croit-il.

Des substituts qui ne contiendraient en tout cas aucun opioïde extrêmement puissant comme le fentanyl, qui a fait des centaines de morts jusqu’ici au Canada. Le docteur Tyndall précise qu’il ne s’agit pas d’un traitement contre la dépendance, mais plutôt d’un outil pour lutter contre une vague mortelle de surdoses.

Ces distributrices pourraient être placées dans des secteurs fréquentés par les usagers de drogues dures, mais aussi près des cliniques dans les régions éloignées. Les toxicomanes de petites localités ne peuvent souvent compter sur un médecin qui leur prescrirait de la méthadone, et n’ont en tout cas pas accès à un site d’injection supervisée, explique M. Tyndall. Or, ces toxicomanes meurent tous les jours de surdose d’opioïdes.

Selon le Bureau des coroners de la Colombie-Britannique, 1208 personnes sont mortes de surdose entre janvier et octobre de cette année. Le fentanyl a été décelé dans un millier de cas confirmés et supposés jusqu’ici en 2017, une hausse de 136 pour cent par rapport à l’an dernier.

En Ontario, des distributrices ont été installées dans cinq ou six localités éloignées, indique le ministère de la Santé. Les toxicomanes discutent en temps réel avec un pharmacien par un système de visioconférence installé sur la distributrice.

Allan Malek, de l’Association des pharmaciens de l’Ontario, trouve l’idée du docteur Tyndall très novatrice. «Il faut poursuivre la réflexion : des gens meurent tous les jours, il faut faire quelque chose.»