Le Dr Morissette estime que la création du CISSSO, en 2015, aura permis de modifier « une façon de fonctionner qui était suboptimale » entre les anciens établissements.

Des correctifs, mais pas de risque zéro

Malgré les rapports de coroners ayant révélé plusieurs lacunes du réseau de la santé ces dernières années, la mise en place de mesures correctives ne réduiront « jamais à zéro les risques », estime le directeur des services professionnels du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), le Dr Guy Morissette.
Alors que la coroner Pascale Boulay affirme que le décès de Guy Crêtes, 35 ans, « aurait pu être évité » s'il avait obtenu un « traitement en temps opportun », le Dr Morissette souligne que le CISSSO s'est « penché » sur certains éléments dès que le dossier a été transmis au bureau du coroner.
Confronté à divers rapports sévères de coroners - pour les décès de De Sale Gauthier et de Pierre Vittecoq, notamment - le CISSSO affirme prendre le tout au sérieux. « Mais ça ne réduira jamais à zéro les risques, soutient le Dr Morissette. [...] Ce genre de situations-là a toujours le potentiel de se représenter. [...] Je ne peux pas ramener M. Gauthier, M. Vittecoq ou M. Crêtes, mais on améliore nos processus à chacun des événements. »
Le Dr Morissette estime que la création du CISSSO, en 2015, aura permis de modifier « une façon de fonctionner qui était suboptimale » entre les anciens établissements.
Dans le dossier de M. Crêtes, il note que la coroner a « mis en relief un certain nombre de lacunes ou de situations qui doivent être corrigées », puisqu'une « séquence d'événements » a mené à son décès des suites d'une obstruction intestinale.
Après une première demande pour une échographie qui n'a jamais eu lieu, le patient en a finalement passé une, réclamée par son neurologue. Mais il a fallu un mois et demi avant que les résultats ne lui soient transmis.
« Quand on fait près de 1000 examens par jour, c'est certain que pour ces rapports-là, qu'ils soient demandés de façon urgente ou parce que l'équipe de radiologie voit une chose à laquelle on ne s'attend pas, il y a des mécanismes qui nous permettent d'informer le médecin traitant avant la transcription des résultats, donc il faut aller voir ce qui s'est passé dans cette situation-là », indique le Dr Morissette.
En ce qui concerne la recommandation de la coroner pour que le Collège des médecins du Québec (CMQ) examine « la qualité de l'acte professionnel et déontologique » d'une gastro-entérologue de l'hôpital de Hull qui a refusé de voir M. Crêtes, deux semaines avant sa mort, le Dr Morissette souligne que le CISSSO peut, dans des situations « exceptionnelles », retirer les privilèges de pratique d'un médecin. Ce peut être le cas, donne-t-il en exemple, pour un chirurgien qui se présenterait en état d'ébriété pour opérer un patient. La gastro-entérologue concernée pratique toujours au CISSSO, a-t-il précisé.
Sans avoir « les mêmes moyens » que le CMQ, le CISSSO dispose tout de même de « mécanismes internes » par rapport aux privilèges de pratique, affirme le Dr Morissette.