Ottawa s’est engagé à ajouter les chiens d’assistance psychiatrique à la liste des dépenses médicales admissibles à un crédit d’impôt, comme le sont déjà les chiens guides pour les non-voyants.

Des chiens pour les vétérans

Les visages se sont tournés et se sont illuminés de sourires lorsque quatre anciens combattants ont traversé le centre commercial Bayshore, à Ottawa, un récent mardi matin.

Les ex-militaires n’étaient toutefois pas les seuls à attirer les regards des acheteurs, qui se fixaient immanquablement sur leur chien.

Une promesse discrète du dernier budget fédéral a été applaudie et accueillie avec soulagement par les anciens combattants du pays aux prises avec le trouble de stress post-traumatique et autres traumatismes psychologiques.

Ottawa s’est ainsi engagé à ajouter les chiens d’assistance psychiatrique à la liste des dépenses médicales admissibles à un crédit d’impôt, comme le sont déjà les chiens guides pour les non-voyants.

Cette décision a été prise après qu’une étude commandée par le gouvernement eut récemment indiqué, comme l’affirmaient depuis longtemps des vétérans et des groupes militants, que les chiens peuvent beaucoup aider les personnes souffrant de maux invisibles.

Dwayne Sawyer, un vétéran souffrant du trouble de stress post-traumatique, affirme que son Labrador Rex l’aide à faire baisser son anxiété.

« Je dois m’en occuper, ce qui me force à me lever et à faire des choses. Avant, je ne quittais pas mon lit. »

Du travail reste toutefois à faire pour arriver à répondre à une question importante : qu’entend-on, précisément, par chien d’assistance psychiatrique ?

L’idée d’utiliser des chiens pour aider les anciens combattants et autres citoyens souffrant du trouble de stress post-traumatique a été lancée il y a plusieurs années, mais avait été largement ignorée par le gouvernement fédéral jusqu’en mai 2014.

C’est à ce moment que le ministre des Anciens Combattants de l’époque, Julian Fantino, a accordé 500 000 $ à une étude de deux ans et demi visant à évaluer les bénéfices — et les risques — de l’utilisation de tels chiens.

Des documents obtenus par La Presse canadienne indiquent que l’étude a été retardée en raison de difficultés à recruter et à garder des participants à la fois du côté des vétérans et du côté des chiens d’assistance entraînés. Un rapport préliminaire a toutefois été publié récemment.

On y révèle que trois mois après leur entrée en fonction, les chiens d’assistance avaient « certains effets positifs » sur la capacité des vétérans à dormir, de même que sur le traitement de leur trouble de stress post-traumatique ou leur dépression.

L’étude ne pouvait confirmer si les chiens étaient liés à une amélioration de la qualité de vie ou à une participation plus active dans la communauté, mais les résultats généraux ont tout de même été qualifiés de « très prometteurs ».

Un rapport final est attendu cet été, mais le gouvernement Trudeau a décidé de ne pas attendre et de promettre dans le budget du mois dernier l’élargissement du crédit d’impôt pour frais médicaux afin d’y inclure les chiens d’assistance psychiatrique.