La Clinique d’échographie de l’Outaouais doit annuler des rendez-vous.

Des centaines d’échographies annulées en Outaouais

EXCLUSIF / Des centaines de patients de l’Outaouais verront leur rendez-vous pour une échographie être annulé au cours des prochains jours, a appris Le Droit.

Depuis 19 ans, la Clinique d’échographie de l’Outaouais appartenant au couple formé de Sylvie et Lucien Grenier offre des services à la population de l’Outaouais. Les examens y étaient offerts en dehors du régime public jusqu’à la fin 2016, moment où la clinique du secteur Hull a obtenu les autorisations pour que les examens lus par un radiologiste soient couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

Une disposition réglementaire qui était passée sous le radar des autorités force maintenant la clinique à annuler des centaines d’examens couverts par le régime public prévus au cours des prochaines semaines.

Les choses allaient rondement jusqu’à ce que les propriétaires apprennent, l’automne dernier, que les cliniques doivent appartenir à un médecin radiologiste afin de pouvoir offrir des services couverts par la RAMQ. Cette disposition réglementaire découle d’une entente conclue entre le ministère de la Santé et la Fédération des médecins spécialistes du Québec. Or, les propriétaires ne sont pas radiologistes. Mme Grenier est technologue.

Au départ, la Clinique d’échographie de l’Outaouais devait se conformer au plus tard le 1er janvier dernier. Des prolongations ont été accordées jusqu’au 31 mai.

En entrevue, M. Grenier assure que sa conjointe et lui sont prêts à vendre la clinique pour se conformer à la loi. Le couple ne veut toutefois pas le faire à n’importe quel prix. Dans le contexte actuel, les propriétaires déplorent n’avoir aucun pouvoir de négociation pour obtenir un montant qui soit juste.

Lucien Grenier affirme que la dernière offre reçue est largement inférieure à ce que le couple souhaite obtenir. Elle a donc été refusée.

La Clinique d’échographie de l’Outaouais a commencé, vendredi, à appeler les patients ayant prochainement un rendez-vous couvert par la RAMQ. Cela représente une trentaine d’annulations uniquement pour la journée de lundi. Pour le mois de juin, un total de 372 rendez-vous qui devaient être couverts par le régime public devraient subir le même sort.

Au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), on ignore encore comment le réseau fera pour absorber l’afflux de demandes qui découlera de ces annulations. Des « scénarios » ont été établis, mais rien n’est encore fixé, a indiqué le porte-parole de l’organisation, Bruno Desjardins, en soulignant que le CISSSO « travaille avec le ministère pour trouver une solution ».

Au cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, on se limite à dire qu’un travail se fait avec le CISSSO et le ministère « pour qu’aucun patient ne soit pénalisé ».

Selon les informations fournies par le CISSSO, le délai d’obtention d’un rendez-vous peut actuellement atteindre 12 mois dans la région pour deux types d’échographies — pelviennes et abdominales. L’organisation s’attend à « une légère augmentation de [ses] listes d’attente », a indiqué M. Desjardins.

Une seule autre clinique privée de la région offre des échographies couvertes par le régime public — elle ne possède toutefois qu’un seul appareil pour ce type d’examen, comparativement à quatre pour la Clinique d’échographie de l’Outaouais.

« C’est la population qui est prise en otage », déplore M. Grenier, qui souligne qu’environ 70 % des examens faits à sa clinique étaient couverts par la RAMQ. Tous ces dossiers seront retournés au CISSSO.

À défaut d’être achetée par un radiologiste, la clinique du 4, rue Taschereau pourra seulement évoluer dans la sphère privée et offrir des rendez-vous payants pour des examens qui seront lus par des gynécologues-obstétriciens, des cardiologues ou des radiologistes non participants à la RAMQ.