Entre le 1er avril et le 7 décembre dernier, 4442 chirurgies ont été réalisées au bloc opératoire de Hull, une baisse significative de 16,4 % par rapport aux 5315 opérations effectuées pendant la même période en 2016.

Des centaines de chirurgies en moins

La fermeture de lignes opératoires à l’Hôpital de Hull a fait en sorte que près de 900 chirurgies de moins ont pu être réalisées pendant les deux premiers tiers de l’année 2017-2018, par rapport à la même période l’année précédente.

Dans une réponse envoyée il y a quelques jours aux médecins spécialistes œuvrant aux blocs opératoires des hôpitaux de Hull et de Gatineau, le grand patron du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Jean Hébert, se dit conscient « que l’offre de service en chirurgie représente actuellement un défi dans notre région ».

Les données qu’il présente dans sa lettre sont révélatrices. Entre le 1er avril et le 7 décembre dernier, 4442 chirurgies ont été réalisées au bloc opératoire de Hull, une baisse significative de 16,4 % par rapport aux 5315 opérations effectuées pendant la même période en 2016. Par conséquent, les listes d’attente pour des chirurgies électives (non urgentes) se sont allongées.

Jean Hébert souligne que parmi les différentes démarches entreprises, « seules les mesures ressources humaines ont porté fruit et ont permis un retour graduel vers une certaine normalité, encore incomplète, mais toujours fragile ».

Le président-directeur général du CISSSO note aussi qu’au cours des derniers mois, « il y a eu plusieurs rencontres et tentatives de règlement ou d’ententes, mais force est d’admettre que les résultats escomptés n’ont pas été observés ».

« Il y a eu un manque de consensus entre les groupes de chirurgiens, que ce soit à l’intérieur même d’une installation ou entre les différentes installations, incluant une résistance à déplacer certaines chirurgies vers les centres ruraux, particulièrement à Shawville et à Maniwaki où des disponibilités de temps chirurgical existent », poursuit M. Hébert.

Le CISSSO rappelle aussi qu’il travaille depuis plus d’un an à développer une « vision d’une offre de service unifiée en chirurgie pour l’ensemble de l’Outaouais », en collaboration avec une firme de consultants.

En entrevue avec Le Droit, le directeur des services professionnels du CISSSO, le Dr Guy Morissette, a souligné que ces démarches visaient notamment à planifier les besoins chirurgicaux prévus pour la prochaine décennie. Ces efforts ont toutefois été chamboulés par le manque d’infirmières ayant causé le ralentissement des activités dans les blocs opératoires urbains.

« On ne peut pas avoir la discussion pour dans dix ans, si on n’est même pas capable d’offrir les services aujourd’hui, alors c’est un peu ça qui teinte ce qui est dans les lettres [des chirurgiens et anesthésiologistes] », a-t-il mentionné.

À l’automne 2016, Québec avait annoncé l’octroi du budget nécessaire pour réaliser près de 2500 chirurgies supplémentaires en Outaouais chaque année, grâce à l’ajout de deux lignes opératoires. Les médecins spécialistes se demandent aujourd’hui à quel moment ils verront cette annonce se concrétiser.

Le Dr Morissette a fait savoir à ce sujet que « l’argent, c’est n’est pas un problème, ce sont les ressources humaines ». Des lignes opératoires additionnelles sont également prévues dans le projet de nouvelles chambres travail-accouchement-récupération-postpartum à l’Hôpital de Gatineau, a rappelé le Dr Morissette.