Un mode de vie sain semble atténuer le risque génétique de démence d'un individu, selon une nouvelle étude britannique publiée par JAMA.

Démence: la génétique pourrait ne pas avoir le dernier mot

MONTRÉAL - Un mode de vie sain semble atténuer le risque génétique de démence d'un individu, selon une nouvelle étude britannique publiée par JAMA.

Les chercheurs de l'Université d'Exeter ont constaté que le risque de démence chez les individus présentant un risque génétique élevé de maladie chutait de 32 pour cent s'ils avaient adopté un mode de vie sain, comparativement à ceux ayant de moins bonnes habitudes de vie; chez ces derniers, le risque de démence était presque trois fois plus élevé.

L'étude portait sur quelque 200 000 Européens âgés de 60 ans et plus. Près de 1800 cas de démence ont été répertoriés pendant la période de suivi de huit ans.

Le risque génétique des participants a été analysé et ils ont été interrogés concernant leurs habitudes de vie, notamment en ce qui a trait à l'alimentation, l'activité physique, le tabagisme et la consommation d'alcool.

Il pourrait donc s'agir d'une lueur d'espoir pour ceux qui se croyaient impuissants face à leur génétique.

«C'est surtout ce qu'il faut retenir de ce genre d'étude là, a commenté le docteur Louis Bherer, qui enseigne à la faculté de médecine de l'Université de Montréal. C'est quand même très motivant, parce que ça nous permet d'avoir un discours un peu moins fataliste par rapport à la génétique. Et aussi, éventuellement, ça va nous permettre d'avoir une approche un peu plus personnalisée sur les changements de style de vie.»

Même chez les personnes qui ont des facteurs de risque génétiques négatifs, le style de vie peut avoir un impact, et ça ce sont des nouvelles très positives, a-t-il ajouté.

«Ce que l'étude suggère, c'est qu'une prise en charge globale, dans le sens d'un style de vie promoteur de santé, peut avoir un impact positif, même si la loterie génétique ne nous a pas favorisés, a dit le docteur Bherer. Vous pouvez aller faire de l'exercice et avoir des bonnes interactions sociales, mais si vous ne faites pas votre bilan médical régulièrement, que vous ne contrôlez pas votre pression artérielle, que vous avez un diabète mal contrôlé, eh bien vous ne mettez pas les chances de votre côté.»

Il faudra toutefois attendre un peu avant de s'emballer, puisque même cette nouvelle étude ne témoigne pas d'un lien de causalité entre les saines habitudes de vie et une réduction du risque de démence; elle permet tout au plus de constater une association entre les deux, comme l'avaient fait quelques études précédentes.

«Dans ces grandes études-là, à grand déploiement, où il y a des centaines de milliers de personnes, la façon de mesurer le style de vie est très modeste par rapport à la mesure génétique, qui elle est très précise, a dit le docteur Bherer. On va poser des questions aux gens, on va leur demander de remplir des questionnaires, et quand c'est autorapporté comme ça, il faut être très prudent par rapport à l'interprétation, parce que les gens vont avoir tendance à surestimer leur style de vie, et évidemment on n'a pas de vérification quantitative de ce qu'ils font.»

Il est aussi possible que l'association puisse s'expliquer tout autrement, et qu'on soit en présence de gens qui ont été davantage en mesure de maintenir un style de vie sain parce qu'ils ont développé moins de symptômes cognitifs, a-t-il rappelé.