Le ministre Mathieu Lacombe affirme que le CISSSO devrait boucler son budget sans aide du gouvernement.

Déficit anticipé: le CISSSO devra «trouver des solutions», dit Lacombe

Tout en reconnaissant qu’il est « préoccupant » que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) se dirige vers un déficit de près de 11 millions $, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, affirme que le budget de l’organisation devra être bouclé sans aide supplémentaire du statut particulier.

En marge d’une annonce à Papineauville vendredi, M. Lacombe a été interrogé en mêlée de presse sur la situation financière du CISSSO. Tel que le rapportait Le Droit après avoir assisté à la réunion du conseil d’administration de l’organisation jeudi soir à Chelsea, les données actuelles laissent présager un déficit de 10,7 millions $ pour l’année 2019-2020, qui prendra fin le 31 mars prochain.

La hausse des dépenses pour les ressources humaines — assurance salaire, heures supplémentaires et recours à la main-d’œuvre indépendante — est en cause pour 5,2 millions $. La hausse du coût des médicaments, principalement en cancérologie, a pour sa part généré des dépenses supplémentaires de 3,8 millions $. En cancérologie, le CISSSO traite évidemment les patients de la région, mais aussi ceux de l’Abitibi-Témiscamingue.

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Mme Filion a expliqué au Droit que tout en ayant « une obligation d’arriver en équilibre budgétaire », le CISSSO a obtenu l’autorisation pour que l’atteinte de cet équilibre soit reportée au 31 mars 2021.

La situation est « problématique », a admis le ministre Lacombe, en soulignant que d’autres centres de santé de la province sont confrontés à un scénario similaire. « Je pense que le CISSSO va faire le travail qu’il doit faire en collaboration avec le ministère de la Santé pour trouver des solutions. Il y aura des décisions effectivement à prendre. »

Le ministre responsable de l’Outaouais exclut toutefois le recours à l’aide du statut particulier du réseau de la santé de la région pour éponger le déficit. « Le statut particulier, si on veut qu’il fonctionne et si on veut être pris au sérieux quand on y fait allusion et quand on l’utilise, il faut l’utiliser quand c’est vraiment raisonnable de le faire, dit-il. Dans le cas des coûts des médicaments, par exemple [...] ce n’est pas vrai qu’en Outaouais, les médicaments coûtent plus cher qu’en Abitibi, ce n’est pas vrai que les médicaments coûtent plus cher en Outaouais parce qu’on est à côté d’Ottawa. »

Mathieu Lacombe demeure malgré tout convaincu qu’une solution sera trouvée pour amoindrir le déficit sans couper dans les services à la population.

Au CISSSO, Mme Filion note qu’il y a « un défi important avec le taux d’occupation dans les urgences », car les débordements entraînent des coûts plus élevés, entre autres pour la main-d’œuvre.

À pareille date l’an dernier, le CISSSO se dirigeait vers un déficit de 12,7 millions $ pour l’année 2018-2019 et n’entrevoyait un retour à l’équilibre budgétaire que pour cette année. Les dépenses accrues pour la main-d’œuvre et les médicaments étaient aussi en cause.

Grâce à diverses sommes non récurrentes reçues de Québec, le manque à gagner du CISSSO pour 2018-2019 s’était finalement établi à 381 000 $.