Jean Hébert, le grand patron du CISSSO, estime que le déficit est dû à une pénurie de main-d’oeuvre et de la hausse des médicaments.

Déficit à prévoir au CISSSO

Il ne reste que trois semaines à l’année fiscale du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et il apparaît clair que les états financiers de l’organisation comprendront de l’encre rouge. Un déficit qui pourrait forcer le CISSSO à implanter certaines réformes au cours de la prochaine année.

Après la 11e période financière (l’année fiscale en compte 13), le CISSSO affiche un déficit de 6 593 millions $, environ 1 % du budget total pour les 11 premières périodes financières de l’année (657,6 millions $).

Selon le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, cette situation est notamment le résultat d’une pénurie de main-d’œuvre et à une hausse du coût des médicaments.

« Dans un contexte où on n’est pas capable de recruter tous les gens dont on a besoin et où plusieurs personnes sont en situation d’assurance-salaire, ça crée un surpoids de travail pour les équipes en place. À ce moment-là, on doit payer du temps supplémentaire ou faire appel à la main-d’œuvre indépendante, ce qui fait en sorte qu’on paie plus cher les heures qui sont travaillées », explique M. Hébert.

Le p.-d.g. du CISSSO ajoute qu’environ trois millions $ du déficit actuel proviennent d’une hausse inattendue des coûts des médicaments, « particulièrement les médicaments oncologiques qui coûtent plus cher ».

Comment corriger le tir ?

Jean Hébert soutient que plusieurs avenues doivent être explorées avant de déterminer comment le CISSSO s’y prendra afin de rééquilibrer son budget. D’abord, l’organisation cherche à obtenir des sommes de Québec, notamment afin de compenser la hausse des coûts des médicaments.

L’an dernier, le CISSSO avait aussi obtenu 3,3 millions $ dans le cadre d’une initiative pour favoriser l’équité interrégionale. M. Hébert croit que l’Outaouais bénéficiera à nouveau de ce programme cette année.

« Compte tenu de la croissance de la population en Outaouais, on est éligible à un certain montant. Quand la population augmente, il y a une pression sur nos services. »

Jean Hébert ajoute que le CISSSO a également réussi à rapatrier des patients du système ontarien au cours de la dernière année.

« On a mis en place l’urgence pédiatrique, on fait des rapatriements de clientèle, mais on n’a toujours pas eu de financement récurrent. [...] Il y a moins de visites dans les urgences en Ontario, il y a moins d’hospitalisations. En contrepartie, on en fait plus du côté de l’Outaouais. On est en négociation pour voir si on serait capable d’avoir, encore une fois, une compensation pour le rapatriement qu’on a fait. »

Si les sommes obtenues ne suffisent pas à éponger le déficit, M. Hébert indique qu’une réflexion est déjà entamée pour optimiser le transport des usagers, ainsi que certains contrats d’approvisionnement afin de réaliser des économies et équilibrer le budget au cours de la prochaine année financière.